Lettre de A. Mehri à A. Belkhadem

Au frère Abdelaziz Belkhadem

Secrétaire général du Front de Libération Nationale

Salutations fraternelles

J’ai reçu, hier, votre aimable invitation à assister à la séance d’ouverture du 9ème congrès du Front de Libération Nationale qui se tient demain vendredi 2O et Samedi 21 de ce mois.
Je vous remercie de ce geste fraternel et vous souhaite ainsi qu’à ce Congrès du succès et de la réussite pour le service du pays à travers les efforts et les sacrifices des militants fidèles au message du Front de libération nationale.

Mon engagement antérieur avec l’ l’Université islamique de Constantine me prive, avec regret, de l’occasion de saluer nombre de militants avec qui j’ai été lié, dans le passé, par le lien du militantisme. Il me prive également de l’opportunité de faire la connaissance de jeunes militants qui, je l’espère, seront pour le pays et le FLN de dignes successeurs de notre génération en partance.
Je ne vous cache pas néanmoins que j’aspire toujours à ce que l’occasion soit donnée à l’ensemble des militants de débattre avec franchise et en profondeur des expériences vécues par le FLN durant sa riche histoire et des expériences vécues par le pays depuis l’indépendance dans tout ce qui se rapporte au système de pouvoir et à la gestion des affaires publiques.

J’aurais, dans ces conditions, annulé tous mes engagements pour participer à un tel débat. Car je me considère toujours redevable aux militants du FLN d’un compte rendu global sur la mission qui m’a été confiée par le Comité Central en m’élisant Secrétaire Général du Front dans des circonstances très particulières et graves.
Je crois également que nombre de personnalités invitées à assister à la cérémonie d’ouverture sont, sans doute, en mesure de participer à un tel débat s’il était organisé. Ils pourraient enrichir l’expérience globale par leurs avis et leur propre expérience.

J’ai été écarté de la responsabilité du secrétariat général dans des conditions et des circonstances que vous connaissez parfaitement et que beaucoup de militants connaissent.

J’avais pris l’engagement devant le Comité Central d’expliquer les causes profondes de ce qui est arrivé au moment de la tenue du Congrès du Front qui était programmé à cette époque.
Malheureusement, tous les congrès se sont succédé sans qu’il ne soit permis à l’avis différent, celui qui aborde les questions essentielles et fondamentales qui déterminent la marche du pays et décident de son avenir, de s’exprimer…

J’imagine fort bien que certains s’interrogeront sur le besoin de revenir au passé et sur son utilité.

Je pense que le retour à ce passé proche, après un long intermède, pourrait bien au contraire, permettre une approche plus objective des questions fondamentales qui demeurent toujours posées. Et il pourrait éclairer le chemin pour parvenir aux solutions nécessaires à la lumière des pratiques et des modèles de comportements générés par les politiques menées.

Veuillez agréer cher frère mes salutations et mon respect .

A.Mehri

19 mars 2010