Résolution de stratégie politique

Résolutions du
4e Congrès du FFS

ATELIER ABANE RAMDANE

Stratégie politique

RÉSOLUTION DE STRATÉGIE POLITIQUE

Principale force de l’opposition politique, le FFS se trouve logiquement au cœur des aspirations démocratiques de la société pour un changement radical, urgent et salutaire des orientations politiques, économiques, sociales et culturelles d’un régime qui a ruiné le pays par sa mauvaise gouvernance, appauvri la population par sa mauvaise gestion du patrimoine et des ressources nationales et porté préjudice aux libertés des citoyens et aux intérêts supérieurs de la nation. Changement et non pas réforme car le système dictatorial existant n’est pas réformable

Quelles sont les grandes lignes de ce programme ?

En ce début d’un nouveau millénaire, le programme du Parti a l’ambition légitime de construire un Etat de droit selon les normes universelles et de gouverner le pays selon les principes démocratiques.
Notre projet politique pour réaliser ce programme se fixe deux objectifs fondamentaux :

-Le plein exercice du droit à l’autodétermination des Algériens qui doit leur permettre de choisir librement la Constitution, les institutions et les hommes qui vont les gouverner.
-la construction d’une alternative démocratique avec les forces politiques et sociales autonomes mettant fin à la dictature.

A cet effet, nous réaffirmons notre attachement aux valeurs qui fondent notre identité et notre action politique : la justice, la liberté, la paix, la démocratie, l’épanouissement de l’individu sans négation des réalités collectives, la volonté de progrès. Ceci n’est pas réalisable dans le système en vigueur.

Nous faisons de l’instauration de la démocratie le fer de lance de notre combat politique. La finalité de la démocratie est que les gens puissent décider de leur propre vie et des choix politiques qui les concernent. La démocratie a partout progressé dans le monde. Dans notre pays elle reste à instaurer. Nous gagnerons ce combat car il n’y a pas d’autre modèle général qui puisse lui être opposé.
Nous nous engageons à construire une alternance démocratique avec toutes les forces autonomes de la société, mettre fin à la crise de légitimité par l’élection d’une assemblée constituante pour restituer aux algériens le plein exercice de leurs droits et libertés démocratique et instaurer la 2ème République.

Nous continuerons à dénoncer la dictature et à lutter pour la séparation des pouvoirs et à exiger l’instauration de contre-pouvoirs effectifs (parlement représentatif, système judiciaire indépendant, médias libres)
Nous refondrons l’Etat sur de nouvelles bases. Décentralisation, participation et partenariat seront les piliers de cette refondation. Cela doit se traduire par l’autonomie des collectivités locales, des entreprises et de la société civile et la création de régions de développement dans le cadre d’une approche territoriale du développement.

Cet Etat moderne sera :

Un Etat de droit qui ancrera dans sa législation le respect de toutes les libertés individuelles et collectives
Un Etat stratège qui participera à la révolution technologique mondiale en généralisant l’utilisation des nouvelles technologies de l’information dans tous les secteurs d’activité, à l’école et dans les foyers.
Un Etat investisseur qui développera les infrastructures de base, mettra l’accent sur l’éducation et la recherche, et tout ce qui concourt à l’innovation
Un Etat facilitateur qui améliorera la vie quotidienne des citoyens et l’environnement des entreprises créatrices de richesses et d’emplois.

Pour arriver à cette phase de construction démocratique de l’Etat et de la société, des mesures urgentes s’imposent, notamment : la fin de l’état d’urgence, la levée de toutes les restrictions et entraves à l’exercice des droits d’expression, de manifestation, d’organisation et d’association, l »ouverture des champs médiatique, le retrait de toutes les lois aboutissant au bradage des ressources nationales.

Sur le plan international, nous tirerons le meilleur profit de la mondialisation en œuvrant pour l’intégration régionale (Maghreb) inter- régionale (Union Européenne) et mondial (ouverture graduelle dans le cadre de l’OMC). Nous continuerons à sensibiliser et à mobiliser les gouvernements nationaux, les organisations du système des Nations Unies, les partis politiques proches de nos valeurs, les membres de l’IS en particulier, et les opinions dans le monde, pour obtenir leur soutien à la réalisation de ce Programme du Millénaire pour la Démocratie et le Développement.

La libre circulation des Algériens dans le monde relève du respect des droits de la personne humaine. La politique de restriction des visas imposée aux Algériens par les pays développés, est une atteinte à la dignité de nos citoyens. Elle traduit le mépris dans lequel ces pays tiennent le pouvoir actuel qui brade une cause nationale contre des facilités accordées aux tenants de ce pouvoir, détenteurs du passeport diplomatique.

Il faudra mettre fin à cette humiliation et restaurer la fierté nationale. La liberté des échanges doit être comprise par tous comme la libre circulation des marchandises, des capitaux et des hommes. Des restrictions sur le mouvement des citoyens doivent être accompagnées d’une restriction sur les échanges de produits. Pour résumer, pas de visas, pas de pétrole. Ce principe sera à la base de la redéfinition de notre politique de coopération avec nos partenaires dans le monde.

Notre légitimité et notre crédit auprès de la population et la confiance qu’elle nous témoigne viendront de notre capacité à porter ses aspirations. A cet effet, et pour faire face aux enjeux d’aujourd’hui et aux défis de l’avenir, les statuts et les structures du Parti obéiront toujours aux exigences de démocratie, de transparence, de responsabilité et d’ouverture, en mettant l’accent sur l’organisation, la formation et la communication.

Les congressistes lance l’appel ci-après à l’ensemble des forces vives de la société civile et politique à se joindre au FFS pour la mise en œuvre de cette stratégie ;

Appel des congressistes aux forces de changement
A tous les citoyens
Vous avez été spoliés depuis l’indépendance de notre pays de votre droit à l’autodétermination conquis de haute lutte par la révolution du 1er novembre, le droit de décider de votre propre vie et des choix politiques qui vous concernent. Le libre choix démocratique des institutions, des politiques et des hommes qui doivent gouverner le pays a été nié puis détourné par des fraudes électorales systématiques qui vous ont conduit à boycotter massivement le dernier scrutin du 17 mai.
Votre avenir et celui de vos enfants n’est plus dans le système corrompu et corrupteur actuel qui vous empêche d’exercer vos droits politiques, économiques, sociaux et culturels, mais dans son rejet et dans la construction d’une alternative démocratique avec les forces politiques représentatives d’opposition et les forces sociales autonomes.
Rejoignez massivement ces forces, organisez vous dans vos quartiers, dans vos villages, dans vos entreprises et exigez pacifiquement vos droits. Ne répondez pas par la violence aux provocations des hommes de main du régime car cela justifierait leur répression.
Où que vous soyez, agissez pour l’avènement de la 2ème République.
Aux jeunes
Vous subissez les carences du système éducatif au point que des centaines de milliers parmi vous sont exclus de l’Ecole ou de l’Université, sans diplôme et sans possibilité de réinsertion par la formation. Vous êtes les premières victimes du chômage, la moitié d’entre vous y compris les diplômés se trouvent aujourd’hui sans emplois.
L’exil, la drogue, le suicide, la criminalité, l’émeute sont les réactions de beaucoup de jeunes à cette situation.
Il existe une autre voie pour sortir de ce cauchemar. Transformez en action politique cette haine du pouvoir responsable de tous vos maux. Adhérez aux forces politiques démocratiques d’opposition et aux mouvements sociaux autonomes pour mettre fin ce système qui vous marginalise et qui ne vous offre aucune perspective d’amélioration.
Soyez les artisans du changement de régime.
Aux femmes
Rejoignez les forces politiques et sociales autonomes pour défendre votre citoyenneté et combattre les statuts qui ne visent qu’à limiter vos droits. L’égalité en droits des hommes et des femmes relève du droit de la personne humaine. Réclamez vos droits politiques, économiques et sociaux.
Exigez l’application des Objectifs du Millénaire pour le Développement adoptés par l’Assemblée Générale des Nations Unies, auxquels ont souscrit l’ensemble des gouvernements, qui éliminent les disparités entre les sexes à tous les niveaux et qui mettent l’accent sur la santé et l’éducation des femmes.
Aux paysans
Fer de lance du combat pour l’indépendance nationale, vous vous trouvez exclus des fruits de cette révolution malgré les engagements pris par le mouvement national. Vous n’arrivez plus à vivre de la terre de vos ancêtres ou de celle que vous cultivez dans le cadre des lots qui vous sont octroyés sans vous concéder le droit à la propriété. Vos récoltes, quand les conditions climatiques le permettent, n’arrivent pas à couvrir vos frais de gestion à cause des coûts prohibitifs des équipements et de leur entretien, des prix élevés des semences, des carburants et des produits chimiques de traitement.
L’absence de prix garantis à la production et l’importation de produits agricoles subventionnés ont détruit la production nationale notamment de céréales. Cette politique qui privilégie l’importation à la production nationale a désertifié la campagne et rendu le pays dépendant pour son alimentation de base des marchés internationaux.
Cette situation ne peut pas durer. Il faut que cela change. Vous devez redevenir l’avant- garde du combat, aux côtés des forces politiques et sociales autonomes, pour changer le régime et réaliser l’indépendance économique du pays avec la valorisation de l’agriculture et le soutien de l’Etat à tous les niveaux de production.
Aux travailleurs dans les entreprises
Rejoignez les syndicats autonomes qui se constituent dans tous les secteurs d’activité et qui sont mieux à même de défendre votre outil de production et vos droits de salariés.
Un algérien sur deux est au chômage. Organisez vous pour défendre votre emploi et améliorer vos conditions de travail. Exigez que votre pouvoir d’achat ne soit pas érodé. Dénoncez les inégalités sociales.
On veut vous faire croire que le libéralisme, à travers les privatisations et la libéralisation des échanges, va créer des richesses et développer l’emploi. Cette politique entreprise en Amérique latine dans les années 80 et 90 a échoué. Une renationalisation des secteurs stratégiques et un contrôle des échanges extérieurs sont de nouveau à l’ordre du jour dans tous les pays, y compris dans les pays développés qui prônent la liberté d’entreprise et d’échanges chez les autres et appliquent le protectionnisme chez eux.
Aux cadres gestionnaires
Soyez des artisans du changement de votre situation et de celle de votre pays.
Entrez en politique pour préserver votre entreprise de sa liquidation et cesser l’exploitation dont vous faites l’objet au quotidien sans reconnaissance de vos mérites.
Les tutelles sont toujours là. Un patron d’entreprise publique n’agit pas librement car il doit tenir compte de ceux qui l’ont nommé et de son environnement. En réalité, les cadres sont contraints de mobiliser leurs compétences techniques pour exécuter des décisions politiques.
Dans le passé, vous avez connu des purges dans les maquis. Par la suite, vous avez subi un double diktat : d’une part, à cause de l’article 120 qui assujettit toute promotion dans les fonctions supérieures de l’Etat à l’engagement au sein du parti unique et, d’autre part, à cause de l’article 421 du code de procédure pénale qui punit de prison les fautes de gestion.
Une parodie de justice a ainsi conduit des milliers de cadres à la prison au terme de procès où ils ont joué le rôle de bouc émissaire. Des centaines d’autres se sont exilés.
Votre engagement en politique vous permettra de doter l’entreprise d’une autonomie réelle et les cadres d’un statut qui les protège de l’arbitraire et les préserve de toute allégeance.
Aux journalistes
Beaucoup d’entre vous ont payé de leur vie ou de leur liberté l’exercice de leur fonction. Face au pouvoir qui opprime et qui corrompt la liberté d’expression, nous exprimons notre solidarité et apportons notre soutien à votre profession.
Nous appelons en même temps tous ceux parmi vous qui œuvrent honnêtement dans la presse publique ou privée, à dénoncer les pressions et la censure exercées sur la profession, et à résister à la machine de propagande caractéristique de toutes les dictature visant à contrôler les idées, les pensées et les esprits en transformant les médias en fabrique du consentement, de l’acceptation et de la soumission.
L’autocensure qui est une forme de corruption intellectuelle ne devrait plus exister dans vos rangs. L’organisation de la solidarité au sein de la profession doit vous permettre de vous soustraire au chantage sécuritaire et financier exercé sur vos journaux à travers le contrôle de la publicité, de l’impression et des promotions ainsi qu’à toutes les formes d’influence de la ligne éditoriale.
Donnez de la visibilité par vos écrits aux porteurs de l’espérance démocratique et acteurs du changement de régime.
Vive l’Algérie libre et démocratique

Zéralda, le 7 septembre 2007

 

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