Elections: Le dilemme du FFS

Tenue du congrès et participation aux législatives

Le dilemme du FFS

Par : Souhila Hammadi, Liberté, 7 mars 2007

Le FFS ne sera probablement pas autorisé à participer aux législatives s’il n’organise pas son congrès avant le 1er avril, date limite du dépôt des listes de candidatures au ministère de l’Intérieur. La direction du parti voudrait utiliser l’appel au boycott comme argument politique pour justifier cette crise organique, tandis que des cadres veulent redresser la situation avant la fin de l’échéance.

S’il est déjà quasiment acquis que le mouvement El-Islah, sous l’égide de Abdallah Djaballah, ne pourra pas prendre part aux élections législatives du 17 mai prochain à cause des dissensions qui minent ses instances, le FFS sera vraisemblablement dans le même cas de figure.
Principale raison : l’expiration du mandat des instances actuelles du parti (président, secrétariat national et conseil national) depuis au moins deux ans.
Le 4e congrès du Front devait se tenir, statutairement, au printemps 2004.
Pourtant, il n’a pas eu lieu dans les délais réglementaires. Plusieurs dates ont été avancées par le premier secrétaire, Ali Laskri, à des occasions diverses.
Déjà en décembre 2005, il annonçait la tenue de ces assises durant le 1er semestre 2006, justifiant le retard accusé, jusqu’alors, dans le respect des échéances mandataires, par “la préparation des rendez-vous électoraux qui ont marqué l’année 2005”.
Il s’agissait, en réalité, des élections locales partielles du 24 novembre 2005 ayant concerné les wilayas où les résultats du scrutin de 2002 ont été invalidés. Interpellé sur le propos, une nouvelle fois lors d’une conférence de presse animée au siège du parti le 21 janvier dernier, M. Laskri s’est limité à dire que la direction du Front prépare le congrès. “Jusqu’à présent, toutes les conditions n’étaient pas réunies pour le tenir dans les délais statutaires.” Sans les invoquer clairement, il entendait des problèmes organiques, notamment la grogne montante de militants depuis l’été écoulé, et des contraintes financières. Quoi qu’il en soit, le plus vieux parti de l’opposition est confronté aujourd’hui à un véritable dilemme. S’il envisage de siéger à l’APN, qu’il a boycottée lors de la législature finissante en signe de protestation contre les évènements de Kabylie, il devrait impérativement tenir son congrès avant le 1er avril, date limite du dépôt des listes de candidatures auprès du ministère de l’Intérieur et des Collectivité locales, c’est-à-dire dans moins de 25 jours. Sauf recul inattendu du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Yazid Zerhouni, à ne pas admettre systématiquement, comme il l’a déclaré récemment en évoquant l’affaire El-Islah, dans la course électorale pour les législatives, les partis politiques qui n’ont pas renouvelé leurs organes dirigeants dans les délais ou n’ont pas présenté leurs bilans financiers.
En clair, les candidatures, présentées sous l’égide d’un parti politique, doivent être cautionnées par les instances légales de cette formation politique.
L’article 19 de la loi organique relative aux partis politiques oblige toute entité politique à définir clairement “la composition, les modalités d’élection et de renouvellement, et la durée du mandat de l’organe exécutif”.
À ce titre, la majorité — voire la totalité — des formations agréées a établi, pour les instances élues par le congrès, un mandat de cinq ans. “Quand il arrive à terme, il faut organiser de nouvelles élections. C’est ça la règle démocratique”, a déclaré un ancien magistrat qui nous a expliqué les dispositions des lois en vigueur en matière de fonctionnement des partis politiques.
Le FFS tombe donc sous le sceau des lois algériennes. Nos multiples tentatives de joindre le 1er secrétaire, Ali Laskri, ou le secrétaire national chargé de l’information et de la communication, Karim Tabou, sont restées vaines en raison de leur refus de répondre aux appels émanant des numéros de téléphone de la rédaction. Il nous a été donc impossible d’obtenir la version officielle de la direction du parti et de connaître, par là même, ses intentions pour les prochaines législatives.

Souhila H.