Des causes que le FFS a défendues, seul, pendant plus de 46ans

Création d’une assemblée constituante et changement du régime

Des causes que le FFS a défendues, seul, pendant plus de 46ans

El Khabar, 28 septembre 2009

Après 46ans de rupture avec le pouvoir, le FFS n’en a pas encore assez de se retrouver, aujourd’hui, seul dans l’opposition, que plusieurs personnalités et partis politiques ont quitté ; ils lui avaient, pourtant, tenu compagnie, au début du multipartisme et partagé avec lui son action et sa lutte et même ses idées.
Si le Front des Forces Socialistes mérite d’être qualifié de « doyen » des partis de l’opposition, en Algérie, c’est parce qu’il peut se prévaloir de ses 46 ans de résistance face au pouvoir. Il est, aujourd’hui, appelé par son Etat major, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, à réévaluer son long parcours politique, du moment que le soutien indélébile des partis, tue la démocratie comme d’ailleurs, l’opposition permanente aussi.
Toutefois, il semblerait qu’en boycottant les élections du renouvellement partiel du Conseil de la Nation, prévues pour le mois de décembre prochain, le FFS n’a pas changé de ligne et n’a pas abandonné sa politique de « siège vacant » qu’il a adoptée dans plusieurs rendez-vous politiques.
Le FFS a défendu la nécessité de reconstruire les institutions de l’Etat, en appelant à la création d’un Conseil Constitutionnel, qui se chargera de l’établissement d’une nouvelle constitution. Elle sera le consensus politique à partir duquel sera lancée la « démocratisation » du régime en place.
Cette idée n’a pas eu d’impact auprès des différents gouvernements qui se sont succédés, depuis le début du multipartisme. Le pays a plutôt, enregistré la naissance de deux nouvelles constitutions et l’amendement d’une troisième, permettant un troisième mandat au président. Le FFS porte toujours cette idée sur ses épaules, bien qu’elle soit catégoriquement rejetée par le pouvoir et défendu, seulement, par le Parti des Travailleurs, qui a tenté de barrer le chemin au FFS et l’adopter à son profit.
L’opposition féroce adoptée par le FFS aurait dérangé le pouvoir à plusieurs reprises et l’avait emmené à compter avec lui. Cette opposition a également fait que le pouvoir préserve certains acquis que la démocratie a réalisés, suite aux événements d’octobre. D’autre part, il n’est pas à écarter que l’opposition du parti de Dda El Hocine ait donné au pouvoir, d’une manière ou d’une autre, une justification lui permettant de faire taire ses ennemis à l’intérieur et à l’étranger, parmi ceux qui protestent contre l’absence de la démocratie et les violations des Droits de l’Homme et des libertés, en Algérie.
En somme, de la même manière que le FFS a utilisé son opposition pour mettre le pouvoir dans l’embarras, à l’étranger et pour révéler ses vices et son abus de pouvoir, le système a, pour sa part, utilisé les critiques du FFS comme preuve d’existence de la démocratie et de la liberté d’expression en Algérie.

 

28-09-2009
Par H. Slimane/ Synthèse de S. Ahmed Ouamer