Boycott du FFS aux présidentielles ?

AIT AHMED L’ANNONCERAIT LE 20 AOUT

Boycott du FFS aux présidentielles ?

Le Quotidien d’Oran, 17 août 2003

Au moment où les aârouch disent oui au dialogue avec le gouvernement, le FFS, parti resté visiblement à l’écart de la scène politique, s’apprête à dire non aux présidentielles 2004.L’annonce sera faite par vidéoconférence par le président du FFS, Hocine Ait Ahmed, le 20 août prochain à l’occasion des festivités de la célébration de la journée nationale du Moudjahid à Ifri Ouzelaguen. Cette option a été choisie par le chef du FFS, après une longue concertation avec son conseiller direct Djamel Zenati. Depuis sa sortie de l’assemblée, Zenati, fidèle des fidèles d’Ait Ahmed est resté à l’écart du parti.

Son retour au FFS, il l’a effectué en catimini en éliminant, son frère ennemi Ahmed Djeddaï et en le remplaçant par son ami intime Mammeri Djoudi. Un choix calculé puisque Mammeri, marié avec une étrangère, ne risque pas de se présenter comme candidat à l’élection présidentielle 2004. Djamel Zenati, qui a alors rencontré à deux reprises Belaid Abrika, la semaine dernière, est convaincu que la meilleure option possible pour le FFS, c’est le boycott. D’autant plus, qu’il n’y a pas de candidat potentiel après le forfait de son président malade et âgé.

C’est en tout cas ce qu’a déclaré un membre important du mouvement citoyen proche du parti d’Ait Ahmed. Et pourtant, il y a quelques jours, plusieurs noms de candidats potentiels à la présidentielle 2004 étaient « soumis » au patron du FFS pour soutien partisan.

C’est le cas de Mouloud Hamrouche, candidat soutenu et proposé par Salima Ghezali, membre du fameux cabinet noire, et qui a usé de toute son influence pour convaincre le Zaim, du bon choix.

C’est le cas aussi pour les membres de la direction nationale actuelle, Djoudi Mammeri, Karim Balloul, Karim Tabou, le sénateur Abid, dont le choix s’est porté sur le secrétaire général du FLN, Ali Benflis. Après réflexion le patron du FFS, a opté pour le choix le moins mauvais, proposé par son conseiller personnel Djamel Zenati. Pour convaincre le président du FFS, l’ex-député de Bejaïa et son directeur de campagne, lors des présidentielles 99, lui ont précisé que,si il offre à autre candidat sa base électorale, ce dernier risquerait de s’emparer du parti .

Il ne fallait pas plus pour convaincre le Zaim du FFS, qui toujours soucieux de la paternité de son parti, il opte alors pour le boycott. La stratégie de Zenati, est de rester en bon terme avec le mouvement citoyen. C’est pour cette raison essentielle qu’il est prêt à accepter toute option politique possible pour sauvegarder sa place dans l’arène kabyle -géographiquement s’entend-. Pour preuve, le FFS est prêt à retirer tous ses élus des communes de la Kabylie pour satisfaire la revendication des aârouch, a affirmé hier un membre de ce mouvement citoyen. Ainsi après avoir divorcé avec le RCD, c’est vers le FFS que se tourne aujourd’hui, le mouvement aârouch pour avoir une légitimité politique dans la région.

Au siège de la direction du FFS à Alger, on ne commente pas la décision du chef même le conseil national n’a pas le pouvoir de critiquer les décisions du président du parti, a fini par nous répondre un membre du FFS. Pour les militants restés fidèles à la ligne anti-aârouch, cette décision si elle venait à se confirmer ce mercredi, signifierait l’échec du combat mené jusque là pour asseoir la politique du parti dans la Kabylie.

Dorénavant, les partis devront passer par les aârouch pour établir leur politique générale. Quoi qu’il en soit, rien n’est encore définitif, et au vu des derniers développements de la scène politique, Ait Ahmed toujours sous pression, pourrait d’ici là changer d’avis, ce qui constituerait un sérieux revers pour les architectes de cette décision Karim Balloul et Djamel Zenati.

Salim Bey