L’Algérie est plus que jamais à la croisée des chemins

SELON LE FFS

L’Algérie est plus que jamais à la croisée des chemins

Le Soir d’Algérie, 6 juillet 2015

Sévère constat que celui qu’établit le FFS de la situation du pays 53 ans après le recouvrement de son indépendance nationale.
Pour le plus vieux parti d’opposition, la célébration de cet événement aurait dû être un moment de communion autour d’un bilan collectif et d’un projet d’avenir commun.
Un constat qui, selon un communiqué du parti signé de son Premier secrétaire national, vaut pour les institutions nationales les plus hautes de l’Etat aussi bien que pour la plus petite commune du pays. Pour le FFS, on assiste à une «cacophonie» et à la dégénérescence institutionnelles. Ce n’est pas seulement le président de la République qui est «malade», «paralysé» et «inaudible» : c’est tout le pays.
Et d’étayer son constat par les «dysfonctionnements institutionnels trop nombreux» allant du «Conseil des ministres qui ne se réunit pratiquement jamais, au Parlement considéré comme une simple chambre d’enregistrement sans possibilité de constituer de commissions d’enquête sur les scandales financiers ou sur la situation au Sud ou à Ghardaïa».
Le FFS évoque également «les mesures économiques prises dans un tel cadre institutionnel déliquescent, et dont la finalité, sous couvert de libéralisation du marché autant que sous couvert de protection de l’économie nationale, n’a cessé de servir des relais du clientélisme et de la corruption». «L’alacrité» qu’a pu louer un dirigeant étranger est seulement celle de l’argent de la rente qui coule hors de tout contrôle démocratique et celle des pans de souveraineté nationale qui glissent dans l’informel mafieux ou vers les ingérences extérieures pour une «recolonisation globalisée» à peine déguisée.
L’Algérie qui a, estime encore le FFS, déjà payé un prix terrible à la violence et au terrorisme, «n’est ni à l’abri d’une rechute ni un exemple de victoire contre les facteurs de régression politique, de division sociale et de déroute économique».
Et 53 ans après la proclamation de l’Indépendance nationale, l’Algérie est plus que jamais à la croisée des chemins : «ou elle prendra le chemin de la construction d’un consensus national qui préserve les acquis historiques et jette les bases solides d’une volonté nationale souveraine pour faire face aux périls, ou elle s’effondrera dans le fracas des divisions mortifères qui ravagent aujourd’hui de nombreux Etats du monde».
M. K.