Dissidence: Branle-bas de combat au MSP

Dissidence: Branle-bas de combat au MSP

par M. R., Le Quotidien d’Oran, 18 avril 2009

C’est le branle-bas de combat au parti de Boudjerra Soltani. Le conseil consultatif, structure suprême du parti, réuni lors d’un congrès extraordinaire ce week-end à Zéralda, a approuvé les résolutions prises par le secrétariat des élus à l’encontre des neuf parlementaires, en confirmant le gel de leur activité au sein des deux chambres et leur traduction devant la commission disciplinaire. Des mesures ont été également prises visant l’exclusion des rangs du parti de manière définitive des 40 cadres ayant signé l’acte fondateur d’un nouveau parti dénommé le «Mouvement pour la prédication et le changement».

Abderrahmane Saïdi, président du conseil consultatif (Madjliss Echourra), nous a déclaré que «le congrès extraordinaire s’est réuni durant jeudi et vendredi pour débattre de la situation interne du parti et a confirmé le gel de l’activité des parlementaires signataires du communiqué annonçant la constitution d’un nouveau parti». Notre interlocuteur réfute l’existence de 28 députés comme rapporté par la presse et affirme que jusqu’à présent aucun document ne leur a été parvenu concernant ces derniers et que leur nombre n’excède pas les neuf parlementaires entre sénateurs et députés. Il a soutenu que l’entité qu’il préside «ne saurait tolérer un tel dépassement mais les recours sont acceptés seulement de ceux qui ne sont pas des radicaux. A ceux-là, les portes restent ouvertes». Un message clair lancé à l’adresse du noyau dur du mouvement de scission qui secoue le parti depuis pratiquement deux ans et qui ne veut pas lâcher prise. De son côté, le porte-parole du parti, M. Djemaâ, a minimisé l’ampleur de la dissidence en affirmant qu’«elle ne représentait que 3% du parti». Il a vociféré contre les partisans de la rupture, les accusant «d’avoir sali la réputation du MSP». Interrogé sur le gel de l’activité des parlementaires incriminés et si cela pouvait les contraindre à quitter le parlement, notre interlocuteur répliquera que «le mandat de député est un mandat du peuple et que s’ils n’ont pas le droit de constituer un groupe parlementaire (la loi exige un minimum de 20 députés), ils peuvent activer sous la bannière du groupe des indépendants».

La crise interne qui ébranle le parti s’est exacerbée lors du 4ème congrès de 2008. Elle a fini par dégénérer en scission et tout porte à croire que le parti de Boudjerra Soltani va y laisser des plumes et s’amenuiser comme c’est le cas des autres partis qui ont subi les mêmes avatars. A souligner que les 40 cadres qui figurent parmi les plus radicaux sont proches de feu Nahnah, plusieurs d’entre eux ont été écartés du bureau national à la faveur du 4ème congrès du parti qui a vu la réélection de Boudjerra Soltani pour un deuxième mandat. Parmi les farouches adversaires, on citera Abdelmadjid Menasra, le meneur de la protesta. Il y a également Abderrazak Achouri, Farid Hebbaz, Ahmed Dane, Ahmed Chenine qui ont décidé de déclarer les hostilités en lançant un nouveau parti. Dans un communiqué rendu public lundi dernier, ils ont vilipendé Boudjerra Soltani et ses adeptes en lui mettant sur le dos «l’impasse dans laquelle s’est heurté le dialogue». Ils lui reprochent aussi «la déviation de la ligne de feu Mahfoud Nahnah, les manoeuvres et les manipulations aux conséquences incalculables ayant porté atteinte à l’image du parti». Ils l’accusent également «d’avoir falsifié les statuts du parti, la marginalisation des cadres et l’encouragement de la fitna».