Benflis convoque le comité central issu du 7ème congrès

FLN

Benflis convoque le comité central issu du 7ème congrès

Le Quotidien d’Oran, 13 avril 2004

Finalement Ali Benflis s’est résolu à convoquer une session extraordinaire du Comité central du parti FLN, pour « en finir » définitivement avec la situation de crise qui s’est exacerbée durant l’élection présidentielle.

Dans un communiqué laconique, rendu public hier, le secrétaire général du FLN a décidé, « après de larges consultations et conformément à l’article 19 du statut du parti, de convoquer le comité central issu du 7ème congrès dans le courant de la semaine prochaine ». Cette imprécision semble laisser le choix de la date aux membres de l’ancien comité central.

Aucune autre information n’a filtré sur cette option de Benflis, d’autant qu’hier, il semblait refuser de se soumettre à la proposition d’une partie du comité central de déposer sa démission.

La convocation du comité central issu du 7ème congrès est significative à plus d’un titre, de l’acceptation de M. Benflis du jugement rendu par la cour d’Alger invalidant les résolutions du 8ème congrès et gelant les avoirs du parti. Toutefois, des sources précisent qu’une partie des cadres, notamment parmi ceux qui ont été derrière la création du Mouvement de Redressement, ne serait pas prête à répondre à la convocation du secrétaire général.

La raison dit-on, est que «Benflis n’a plus aucune légitimité ou prérogative pour gérer le parti». Ceux-ci pourraient également faire jouer le poids des 2/3 des membres du comité central, acquis au mouvement de redressement d’après ses animateurs, pour rejeter cette solution, même si elle est, sans doute, la plus à même de rétablir le FLN dans la légalité. En effet, le comité central est la seule instance du parti habilitée à décider entre deux congrès.

Des sources crédibles affirment que les Redresseurs se préparent à tenir une convention des cadres, pour désigner une instance intérimaire qui se chargera de préparer le congrès. Aucune indication ni de la date ni du lieu de cette rencontre n’a été fournie. Les dissensions au sein du mouvement de redressement transparaissent dans les déclarations contradictoires de ses figures, notamment au sujet de la date de la tenue du 8e congrès. Dans un mois ? Dans deux ? Ou alors comme l’a affirmé son coordinateur, M. Belkhadem, le faire coïncider avec le 50e anniversaire du déclenchement de la révolution. C’est à dire, le mois de novembre prochain.

Dans le camp Benflis, c’est le silence radio. Aucun responsable n’a répondu, arguant que seul le chargé de communication, étrangement absent, peut s’exprimer. Toutefois, le communiqué du FLN, en fait du bureau politique qui s’est réuni dimanche, est très significatif de l’abdication de Ali Benflis. Il reviendra probablement présider une dernière fois à une session d’un congrès, qui a connu les plus grandes purges et coups d’état dans la vie du parti.

Djilali. B