L’impasse sarkozienne sur le conflit israélo-palestinien

L’impasse sarkozienne sur le conflit israélo-palestinien

par Kharroubi Habib, Le Quotidien d’Oran, 17 janvier 2016

L’ancien président français Nicolas Sarkozy ne porte pas les Algériens et leur pays dans son cœur et ne rate pas l’occasion qui lui permet de déverser son fiel sur eux. La dernière en date a été la conférence rétribuée qu’il a donnée à Abou Dhabi au centre émirati des études et recherches stratégiques.

Le thème de sa conférence étant les conflits en cours au Moyen-Orient avec ce qu’ils comportent de défis pour les nations qui y sont impliquées et pour la communauté internationale. Sarkozy ne s’en est pas tenu à cette seule problématique dès lors que dans les questions auxquelles il a eu à répondre suite à son intervention l’opportunité lui a été offerte de taper sur l’Algérie qu’il a présentée comme un Etat « trublion » à qui il fait reproche d’avoir par son entêtement joué contre l’intégration régionale au Maghreb, mais également contre de grandes initiatives dans le pourtour méditerranéen et parmi celles-ci l’Union pour la Méditerranée, fumeux projet dont il a été le concepteur aujourd’hui aigri par son échec.

Qu’il accable l’Algérie n’est pas pour surprendre de la part de l’ancien chef d’Etat, pas plus qu’en encensant le Maroc et son monarque. Sachant de quel côté vont les sympathies maghrébines de l’ancien chef de l’Etat français, il ne fallait pas s’attendre à autre chose de sa part. Ce qui nous est apparu révoltant dans sa conférence censée consacrée aux conflits ayant cours au Moyen-Orient est qu’il n’a pas fait allusion au premier d’entre eux, celui de la Palestine. Sarkozy s’est étalé sur toutes les questions qui font du Moyen-Orient une poudrière menaçant d’embraser le monde entier. Il a fait valoir tous les arguments qui pour lui plaident pour des interventions internationales et régionales à même d’empêcher la déflagration redoutée, mais il n’a pas pipé un mot sur le conflit palestino-israélien. Là aussi l’on sait où vont les sympathies du personnage.

Son mutisme sur ce conflit sous-entend qu’il en est à considérer que ce dernier n’est pas un dossier urgent pour la communauté internationale et que de toute façon il ne trouverait rien de condamnable ou à dénoncer dans la politique et le comportement de l’Etat sioniste occupant des territoires palestiniens. L’auditoire à coup sûr trié sur le volet auquel il a délivré ses « vérités » et ses solutions sur les conflits de la région, ne s’est apparemment pas offusqué qu’il évacue le conflit israélo-palestinien de la liste des problèmes dont la solution s’impose comme urgence pour la communauté internationale. Il ne s’est pas trouvé quelqu’un dans cet auditoire pour jeter à la face de ce conférencier la vérité qui est qu’il a une part de responsabilité des plus sinistres dans ce qu’endurent le Moyen-Orient et le Maghreb.

S’il y a un « trublion » dont les méfaits ne s’oublient pas pour les populations du Maghreb c’est bien Nicolas Sarkozy quand il a été aux commandes de son pays. C’est ce pyromane qui se présente désormais comme le pompier en capacité en cas de retour aux affaires d’éteindre les incendies aux départs desquels il a contribué. L’homme est d’un cynisme inqualifiable et l’on ne peut que comprendre pourquoi plus de soixante pour cent de Français ne veulent pas de son retour à l’Elysée.


Il affirme la marocanité du Sahara occidental : Sarkozy s’attaque, de nouveau, à l’Algérie

par Moncef Wafi, Le Quotidien d’Oran, 17 janvier 2016

Nicolas Sarkozy a, encore, raté une occasion pour se taire concernant les dossiers internes de l’Algérie.

Invité à une conférence, grassement rémunérée, aux Emirats arabes unis, l’ancien locataire de l’Elysée, a asséné ses propres vérités sur les raisons de la fermeture des frontières terrestres entre l’Algérie et le Maroc, les imputant, directement, au conflit au Sahara Occidental. S’adressant à l’ambassadeur du Maroc présent dans la salle, Sarkozy fidèle à ses dérapages sur l’Algérie, affirmera, en réponse à une longue question d’une journaliste marocaine, que «la position de la France a toujours été de soutenir la marocanité du Sahara Occidental», évoquant son expérience personnelle à Laâyoune, en 1991 où «on aurait du mal à me convaincre de la nécessité d’une République sahraouie, dans une région du monde minée par le terrorisme». On savait le patron du parti les Républicains pro-marocain, et qu’il est en pleine campagne «internationale» pour être réélu à la présidence française, mais là, il vient de franchir le Rubicon. Dans cette quête effrénée aux soutiens financiers pour sa campagne présidentielle, Sarkozy en remet une deuxième couche, en vantant les mérites du monarque marocain qui, selon lui, est une aubaine pour le Maroc et qui a su prendre les risques quand il le fallait. «Il a modifié la Constitution au moment du printemps arabe. Il a pris des risques politiques considérables qui ont garanti la paix au Maroc», précisera-t-il.

Parlant du Maroc, Sarkozy ne pouvait s’abstenir d’évoquer l’Algérie prenant soin de ne pas la froisser, en soulignant la polémique que peut engendrer «un mot». Pourtant, il ne s’empêchera pas de mettre les pieds dans le plat en s’interrogeant sur «son développement» et «sa modernisation» malgré «ses potentialités» et «une population extraordinaire». Cet épisode rappelle la tempête soulevée par ses propos, en juillet dernier, lors d’une visite en Tunisie, se désolant de l’emplacement géographique de la Tunisie, entre l’Algérie et la Libye. «Vous n’avez pas choisi votre emplacement», avait-il dit pour amuser la galerie. Mais le plus surprenant, c’est que le président de l’ex UMP, s’interrogeait sur l’avenir de l’Algérie. «L’Algérie, qu’en sera-t-il dans l’avenir, de son développement, de sa situation ?». Un point d’interrogation suivi, directement, d’une réponse toute faite puisque de son avis le salut de l’Algérie est dans «l’Union pour la Méditerranée». Nicolas Sarkozy regrettera, lors de cette conférence de presse aux EAU, l’abandon de son projet. «La priorité de la politique de la France doit être tournée vers la Méditerranée et je regrette que mon projet d’Union pour la Méditerranée ait été abandonné », dira-t-il. Avec sa créature en 2008, Nicolas Sarkozy adressait un message fort à Israël. En effet, l’instance voulue et défendue par Sarkozy est le seul espace officiel où des pays qui n’ont, officiellement, aucune relation diplomatique avec l’Etat hébreu, s’assoient à la même table que lui. En avril 2015, Israël et sept pays arabes, dont l’Algérie ou le Liban, ont siégé à Barcelone, à la même table d’une réunion de l’Union pour la Méditerranée (UPM), consacrée à la lutte antiterroriste. Que sera la réaction d’Alger ? Personne n’est dupe et le Sarkozy qui a visité le Maroc et la Tunisie est celui qui endosse le costume du candidat à l’Elysée. L’homme fait la tournée des pays du Maghreb, en attendant, certainement, son crochet par Alger, dans le but de rallier les voix communautaires à sa cause. Il veut les voix des émigrés maghrébins et il va, directement, à la source pour se les approprier. Sarkozy ne veut pas refaire les mêmes erreurs qu’en 2012 en snobant l’immigration.