Messahel présente la position de l’Algérie à l’ONU sur la migration

PRÉSENTANT LA POSITION DE L’ALGÉRIE À L’ONU SUR LA MIGRATION

Messahel plaide pour la concertation

‘Expression, 16 septembre 2006

La position algérienne se veut plutôt «réconciliatrice».

Les politiques axées sur le «tout-sécuritaire» que pratiquent actuellement certains pays sont limitées. Elles ne peuvent pas juguler le phénomène de migration illégale, selon le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel. «C’est dans la promotion du développement et la réduction du fossé économique qui sépare les pays développés des pays en développement, que réside la véritable solutions» a déclaré le ministre en exposant la position algérienne au dialogue sur les migrations internationales et le développement, organisé par l’ONU les 14 et 15 septembre. Cette position algérienne rejoint la proposition du secrétaire général des Nations unies. «Le phénomène migratoire appelle aujourd’hui une discussion globale» a déclaré Kofi Annan, soulignant que les gouvernements peuvent coopérer pour faire de la migration «un triple succès, pour les migrants eux-mêmes, pour leurs pays d’origine et pour ceux qui les accueillent». M.Messahel a exprimé l’appui de l’Algérie à la création d’un Forum consultatif mondial sur la migration au sein duquel sera organisé et approfondi le débat international sur ce sujet. L’Algérie subit de plein fouet le phénomène des migrants qui arrivent des pays de la bande du Sahel, du Sénégal, du Bénin, du Cameroun et du Nigeria. En dépit de cela, M.Messahel a exprimé la volonté de l’Algérie d’oeuvrer en commun avec les pays de la région et la communauté internationale à la promotion de solutions fondées sur le respect des droits fondamentaux des migrants tout en soulignant la nécessité de lutter contre la migration illégale. La position algérienne, formulée dans l’intervention du ministre, se veut plutôt «réconciliatrice». Mais la démarche est en porte-à-faux du traitement «sécuritaire» adopté par les pays de l’UE. En juin dernier, les responsables européens ont adopté un projet de plan qui prévoit des équipes permanentes d’intervention rapide pour traiter cette crise de migrations. Neuf pays membres de l’Union européenne -la France, la Grande-Bretagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche et la Finlande- ont promis de déployer des avions et des bateaux pour aider et protéger la frontière maritime de l’Espagne. Les avions et les navires vont patrouiller dans l’espace maritime et aérien des îles Canaries et surveiller les eaux mauritaniennes et sénégalaises. Ces dernières seraient les principaux points de départ des flux migratoires d’Afrique vers l’Europe. Du reste, aucune mesure sociale ou économique concrète n’a été proposée par ces pays, dans le cadre du traitement de ce phénomène qui inquiète aujourd’hui le monde. Pourtant, l’aspect économique a une part belle dans l’équation migratoire. L’existence d’une migration intra-européen confirme cette thèse. Plus de 350.000 personnes venues de Pologne, de la Bulgarie, de la Roumanie et d’autres pays européens en 2006, cherchent du travail en Europe occidentale. Selon les prévisions européennes, cette tendance ne s’arrêtera pas dans les années à venir sans une stabilité économique des pays de l’Est. Les pays d’Afrique ne sont pas les seuls pourvoyeurs de migrants. La menace des migrants venus d’Europe de l’Est devient si grande que de nombreux pays, à l’exemple de la Grande-Bretagne, ont décidé d’établir des mesures d’urgence. Mais il s’agit d’Européens. Le traitement qui leur est réservé est different de celui qui attend les Africains.

B. TAKHEROUBT