Oran: Nouvelle rafle de Nigériens

Oran

Nouvelle rafle de Nigériens

Liberté, 16 mars 2018

“Très tôt, ce samedi, ils sont venus frapper à nos portes. On a eu très peur, mais ils nous ont dit qu’on cherchait ceux originaires du Niger”, raconte l’un de nos interlocuteurs qui indique que “ceux qui étaient en règle, venus du Mali ou du Cameroun, ont été laissés tranquilles”.

Une rafle de migrants subsahariens a été lancée hier samedi, vers 5h du matin, à Oran, à grands renforts de forces de sécurité, avec la mobilisation de bénévoles du Croissant-Rouge algérien. Après une opération similaire, à Alger, les 11 et 12 mars derniers, condamnée par des ONG nationales, internationales et certains pays africains, donnant même lieu à des manifestations violentes contre l’ambassade d’Algérie au Mali, l’opération d’Oran s’est voulue plus maîtrisée.
Selon des témoignages de migrants, regroupés au sein d’associations, les forces de sécurité ont ciblé principalement deux lieux de vie connus pour abriter les communautés de migrants : le bidonville de Coca et Aïn Beïda à l’ouest d’Oran, à la recherche, prioritairement, de familles hawssa, originaires du Niger. “Très tôt, ce samedi, ils sont venus frapper à nos portes. On a eu très peur, mais ils nous ont dit qu’on cherchait ceux originaires du Niger”, raconte l’un de nos interlocuteurs qui indique que “ceux qui étaient en règle, venus du Mali ou du Cameroun, ont été laissés tranquilles”. Un témoignage confirmé, en partie, avec l’activité remarquée au centre d’hébergement de Bir El-Djir, qui sert de lieu d’accueil et de tri, avant le transport des immigrés clandestins dans des cars en direction de Tamanrasset puis à la frontière nigérienne. Et pour cause, si en fin de matinée on parlait de quelque
80 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, interpellées et regroupées dans ledit centre, il y aurait eu parmi elles des migrants d’autres nationalités.
Certains ont été relâchés plus tard. Mais d’autres informations, que nous avons recueillies par le biais des ONG locales, expliquent que des chantiers à Aïn Beïda ont été ciblés pour procéder à des arrestations de migrants. Nombre d’entre eux, pris de panique, à la vue des véhicules de la gendarmerie, ont fui et cherché à se cacher.
L’opération ciblant les migrants du Niger, qui vivent de la mendicité, s’appuie sur une convention ancienne entre les deux pays, prévoyant “le rapatriement des ressortissants du Niger”.

D. LOUKIL