LADH: « S’opposer à l’approche de l’Europe dans le traitement de l’immigration clandestine »

Ligue algérienne des droits de l’homme

« S’opposer à l’approche de l’Europe dans le traitement de l’immigration clandestine »

El Khabar, 19 août 2009

La Ligue algérienne des droits de l’homme accuse les gardes du littoral d’avoir provoqué le naufrage de la barque portant des clandestins, ayant causé la mort de 2 jeunes embarqués sur la côte d’Annaba. El Khabar s’est entretenu avec le président de la Ligue, M. Ghechir BOUDJEMA. Il en ressort :
M. Ghechir BOUDJEMA est convaincu que les clandestins ne se sont pas suicidés, vu qu’ils cherchaient un avenir meilleur. D’autre part, puisque la barque s’est heurtée au bateau des gardes du littoral, puis elle a coulé, selon le témoignage d’un survivant. M. Ghechir BOUDJEMA s’interroge fermement sur les causes du crash et attend les résultats des investigations que la Ligue des droits de l’homme, en Algérie, a demandées.
Par ailleurs, M. Ghechir BOUDJEMA affirme que la Ligue prend contact avec les victimes et leurs familles afin de collecter les informations relatives à cette affaire.
Le président de la Ligue affirme, également, que des instances officielles seront contactées dés que la Ligue prenne possession du maximum de données relatives à l’accident. Cependant, il est certain qu’il ne sera pas répondu à sa requête. M. Ghechir BOUDJEMA signale son soulagement relatif à la demande d’investigations, formulée par un membre de la commission de défense, au sein de l’Assemblée populaire nationale.
Pour la question de l’impact de l’intégration de l’Algérie aux juridictions internationales qui luttent contre l’immigration clandestine, il considère que l’Europe voit que l’immigration contribue au changement de l’identité Européenne, elle met donc la psychose, liée à la situation sécuritaire, en avant pour justifier sa position.
M. Ghechir BOUDJEMA demande au gouvernement algérien de refuser l’approche de l’Europe dans le traitement du phénomène de l’immigration clandestine, il pense qu’il n’est pas concevable que l’Europe demande d’une part au pays méditerranéens de respecter les engagements en matière de commerce, et d’autre part, qu’elle ferme ses portes et fuit ses engagements relatifs à la mobilité des personnes au sein de l’Europe.
Pour ce qui est des solutions, M. Ghechir BOUDJEMA considère qu’il faut aborder le problème en tant que phénomène social à traiter, et non comme un phénomène criminel à pénaliser. Selon notre interlocuteur, il faudrait lutter contre la situation de désespoir des jeunes algériens, à travers des programmes de développement, la création d’emplois garantissant leur avenir, ainsi que l’adoption des règles de bonne gouvernance.

 

19-08-2009
Interview de Mohammed Cherak. Synthèse de S.A.