Deux harraga de Annaba violemment battus par des militaires italiens

Centre de rétention de Bari (Italie)

Deux harraga de Annaba violemment battus par des militaires italiens

El Watan, 28 septembre 2009

Dans la journée de dimanche 20 septembre, deux Algériens originaires de Annaba, en attente d’expulsion, ont été violemment matraqués par les services de sécurité italiens au centre de rétention de Bari (Italie).

C’est ce que nous a indiqué Mounira Haddad, dans un entretien téléphonique à partir de la capitale italienne, Rome, où elle est en mission humanitaire depuis dimanche dernier. A l’invitation de la Cimade – une association internationale de solidarité avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile –, la présidente d’Afad, qui milite pour la même cause, doit visiter quelques-uns des 20 centres de rétention pour immigrants clandestins, pour la plupart implantés dans le Sud, avec une capacité d’accueil variant entre 50 et 300 places. Selon notre interlocutrice, les faits remontent à l’aube du dimanche 20 septembre, à 4h, quand un détenu arrivé en Sardaigne il y a un mois, en proie au désespoir, a commencé à se lacérer le bras avec une lame de rasoir. « Devant cette horreur, ses codétenus ont appelé à l’aide. Dans la section, il n’y a aucun interphone. L’unique manière d’attirer l’attention des gardiens est de taper sur les portes de fer. Sur la place, quelques militaires arrivent du bataillon Saint Marco, un corps spécial de la marine.

Avec son copain gravement malade, le détenu a été évacué vers l’infirmerie du centre où tous deux ont été violemment corrigés par les militaires », nous raconte Mounira Haddad. Dans le cadre de sa visite de travail en Italie, la représentante de l’Algérie au réseau africain de la Cimade nous a par ailleurs indiqué qu’elle devra s’enquérir du sort du jeune harrag algérien disparu lors de son transfert, début août dernier, avec d’autres immigrants clandestins du centre de rétention de Bari vers celui de Ponte Galliera de Rome. Ce jeune, dont l’identité demeure inconnue, souffrait d’une maladie cardiaque chronique. Il avait été violemment tabassé par les policiers italiens, à même l’infirmerie du centre, pour avoir réclamé d’emporter ses médicaments au moment de son transfert. Il a disparu après son évacuation hors du camp à bord d’une ambulance. Depuis, ses compagnons du centre sont sans nouvelles de lui. Les associations de défense des droits des migrants ont saisi l’ambassade d’Italie à Alger. Ce que nous avons également faite le 11 août auprès de Francesco Léone, le premier secrétaire de cette ambassade, dont la réponse tarde toujours à venir.

Par N. Benouaret