25 morts dans une embarcation, des protestations: Un autre drame de l’immigration en méditerranée

25 morts dans une embarcation, des protestations: Un autre drame de l’immigration en méditerranée

par Yazid Alilat, Le Quotidien d’Oran, 2 août 2011

L’île sicilienne de Lampedusa est devenue un véritable mouroir de l’immigration clandestine. Hier, un autre drame de l’immigration est annoncé par les médias italiens avec la découverte des corps à demi composés de 25 immigrants clandestins.

Un drame de plus qui montre à quel point la situation est devenue critique notamment après la crise libyenne. Hier, les gardes-côtes italiens ont annoncé la découverte des corps de 25 migrants dans la cale d’une embarcation de fortune transportant 271 immigrants clandestins, qui a été secourue et accompagnée au port de l’île sicilienne de Lampedusa. Les 25 migrants retrouvés morts dans la cale de la barque, tous des hommes jeunes, seraient décédés par asphyxie, selon le témoignage des personnes qui étaient à bord. Dans une première reconstruction des faits, il semble que les victimes aient été les premières à embarquer à bord de la barque longue de 15 m et se soient installées dans la cale à laquelle elles auraient accédé à travers une trappe de 50 cm de large. Peu de temps après, de nombreux autres migrants avaient pris place à bord de l’embarcation, mais quelques heures après le début de la traversée, les gaz dégagés par le moteur rendaient l’air irrespirable dans la cale. Les infortunés qui s’y trouvaient avaient tenté de remonter, mais ils ont été empêchés, faute d’espace à bord, selon les déclarations de témoins. Au bout des trois jours qu’a duré la traversée, les migrants bloqués dans la cale ont été retrouvés morts par asphyxie et leurs corps ont été récupérés par la protection civile, « dans un état de décomposition partielle », selon les gardes-côtes. L’enquête ouverte par le procureur d’Agrigente (Sicile) sur cette affaire suggère qu’il y ait eu crime (non-assistance à personne en danger de mort et délit d’immigration clandestine).  »Nous allons faire une autopsie sur les corps afin de reconstituer avec précision la cause du décès, bien que d’après les premiers éléments de l’enquête, il semble que la mort ait été causée par l’asphyxie », a déclaré le procureur d’Agrigente, Renato Di Natale.

Depuis le début de l’année, avec les crises successives en Tunisie et en Libye, plusieurs milliers d’immigrants clandestins ont rallié l’Italie, via l’île de Lampedusa. Des morts, il y en a eu malheureusement. Le drame le plus spectaculaire est celui d’une barque qui a chaviré début avril dernier et coulé rapidement, entraînant la mort de 20 personnes et plus de 150 disparus. Des dizaines d’autres trouveront la mort quelques semaines plus tard, lorsqu’un vaisseau de guerre français refusera d’assister une embarcation en difficulté près des eaux italiennes. Selon l’organisation internationale pour les migrations (OIM), il y a eu 25.867 immigrés clandestins qui ont atteint le territoire italien dont 23.000 à partir de Lampedusa, dans 390 barques depuis le début de l’année. Une pression énorme sur les autorités italiennes qui gèrent difficilement ce phénomène, alors que la contestation des  »sans papiers » est devenue l’autre pendant de l’immigration clandestine.

Hier dans la ville de Bari, dans le sud de l’Italie, des demandeurs d’asile ont bloqué une route et une voie ferrée, à proximité d’un centre d’accueil de migrants pour exiger le statut de réfugiés. Le mouvement de protestation a été suivi d’affrontements avec les forces de l’ordre. Les migrants, dont la nationalité n’a pas été divulguée par les autorités italiennes, ont notamment jeté des pierres contre les policiers. Les affrontements ont fait 35 blessés selon des médias italiens, 35 blessés dont 20 policiers selon un décompte de  » Reuters « . Les manifestants, qui sont plusieurs centaines et pour certains armés de barres de métal, ont bloqué la voie ferrée avec de grosses pierres et allumé des feux le long de la voie. La circulation des trains a été suspendue et plusieurs trains régionaux ont dû être retardés ou annulés. Les manifestants protestaient contre les lenteurs administratives retardant le traitement de leurs dossiers de demande du statut de réfugiés. Ils seraient plusieurs milliers de Tunisiens et Libyens notamment. Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Alfredo Mantovano a aussitôt demandé « des sanctions contre ceux qui seront reconnus responsables de ces actions ». Le centre d’accueil des migrants de Bari est secoué » au moins une fois par mois par de violentes manifestations des immigrants, qui demandent une régularisation de leur situation sur le sol italien de crainte des reconduites aux frontières.