Mali : Trois morts dans une attaque à la roquette contre un camp des Nations unies

Mali : Trois morts dans une attaque à la roquette contre un camp des Nations unies

El Watan, 29 novembre 2015

Deux Casques bleus guinéens et un civil travaillant pour les Nations unies ont été tués, hier, dans une attaque à la roquette contre un camp de la Mission des Nations unies pour la stabilité du Mali (Minusma) à Kidal, au Nord-Est, selon l’AFP.

«Notre camp à Kidal a été attaqué tôt ce matin par des terroristes. Ils ont utilisé des roquettes» qui ont tué «deux Casques bleus de nationalité guinéenne» et un «civil contractuel» de l’ONU, a déclaré un responsable de cette organisation.

La Minusma a ensuite confirmé ce bilan dans un communiqué diffusé à Bamako, précisant que 20 personnes ont également été blessées, dont quatre grièvement, dans cette attaque. «Les terroristes ont tiré et sont repartis» vers une destination inconnue, a précisé une autre source onusienne. L’attaque n’avait pas encore été revendiquée hier.

«Je souhaite réaffirmer que ces attaques n’entameront pas la détermination des Nations unies à soutenir le peuple malien et le processus de paix, y compris à travers son assistance à la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali», a indiqué Mongi Hamdi, chef de la Minusma, cité dans le communiqué. De son côté, un conseiller municipal de Kidal, chef-lieu de la région éponyme, qualifiait les assaillants d’«ennemis de la paix».

Instabilité au Nord

L’instabilité persiste dans le nord du Mali malgré la signature, en mai-juin, d’un accord entre le gouvernement et la rébellion à dominante touareg visant à instaurer une paix durable dans la région. Ainsi, le 24 octobre, trois civils ont été tués et deux Casques bleus blessés par l’explosion de mines dans les environs de Tessalit, à environ 400 km au nord de Kidal. La Minusma est la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coûteuse en vies humaines depuis la Somalie, en 1993-1995.

Dans un enregistrement remontant à octobre et authentifié le 16 novembre, le chef du groupe djihadiste Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, a dénoncé l’Accord de paix de mai-juin et appelé à poursuivre la lutte contre la France et le djihad.

L’attaque du camp de la Minusma d’hier survient une semaine après l’attentat contre le grand hôtel Radisson Blu de la capitale, Bamako. Un commando d’au moins deux assaillants a pénétré dans l’hôtel, vendredi 20 novembre, tôt le matin, et ouvert le feu sur le personnel et les clients, tuant 20 personnes, avant d’être abattu à son tour par les forces de sécurité. L’attentat a été revendiqué le jour même par le groupe djihadiste de Mokhtar Belmokhtar, Al Mourabitoune, «avec la participation» d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI).

Un groupe djihadiste du centre du Mali, le Front de libération du Macina (FLM), a aussi revendiqué l’attentat «avec la collaboration d’Ansar Dine».

Le nord du Mali est tombé, en mars-avril 2012, sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al Qaîda après la déroute de l’armée. Les djihadistes ont été dispersés et en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Les attaques djihadistes se sont étendues depuis le début de l’année vers le centre, puis le sud du pays.
Rédaction internationale