Al-Mourabitoune et Aqmi revendiquent l’attaque de Bamako qui a fait 18 morts

Al-Mourabitoune et Aqmi revendiquent l’attaque de Bamako qui a fait 18 morts

El Watan, 21 novembre 2015

L’Emirat du Sahara, affilié à Al Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi), et Al-Mourabitoune ont revendiqué l’attaque qui a ciblé, aujourd’hui vendredi, l’hôtel Radisson de Bamako au Mali.

Les deux groupes terroristes, dirigés respectivement par Yahia Abou El Houmam et Mokhtar Belmokhtar, ont travaillé conjointement pour mener cette attaque, a rapporté le journal en ligne mauritanien El-Akhbar, réputé bien informé sur les groupes armés opérant dans la région du Sahel.

Al-Mourabitoune et Aqmi ont réclamé  » l’arrêt des agressions contre les populations du nord du Mali et la libération des détenus se trouvant dans les prisons  » de ce pays, a ajouté la même source.

Sept Algériens libérés sains et saufs

Ce matin, vers 7h (GMT) des hommes armés ont attaqué l’hôtel Radisson de Bamako et ont pris en otage pas moins de 170 personnes. Plus tard, les forces combinées de l’armée malienne et de la Minusma (ONU) donnent l’assaut et libèrent environ 80 otages dont 7 Algériens. Selon le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, six des sept otages algériens sont des cadres de l’Etat.

Dans la foulée, trois otages étrangers ont été tués, selon le ministère malien de la Sécurité intérieure, qui n’a pas révélé la nationalité des victimes.

Vers 16h 30, les autorités maliennes affirment que deux assaillants ont été tués et tous les otages libérés. Une demi-heure après, l’AFP rapporte, en citant des sources sécuritaires, que « dix-huit corps ont été retrouvés » dans l’hôtel Radisson de Bamako.
Farouk Djouadi


Au moins 22 morts à l’hôtel Radisson

Prise d’otages massive à Bamako

El Watan, 21 novembre 2015

Un groupe composé tout au plus de 5 assaillants puissamment armés, probablement des terroristes liés à Aqmi, a investi hier, vers 6 heures du matin, l’hôtel Radisson Blu de Bamako, la capitale malienne. Selon un décompte publié par le ministère malien de la Sécurité intérieure sur son compte Twitter hier après-midi, au total 78 personnes qui étaient retenues en otages dans l’hôtel en ont été libérées, dont 7 Algériens.

Alors que l’ensemble de l’opinion internationale avait encore les yeux rivés sur la France où la population se remet difficilement du traumatisme des attentats sanglants perpétrés la semaine dernière à Paris par un commando du groupe terroriste Deach, un groupe composé de tout au plus 5 assaillants puissamment armés a investi, hier vers 6h, l’hôtel Radisson Blu de Bamako, la capitale malienne. Le Mali est la cible depuis deux ans d’attaques terroristes sanglantes. Les hôtels fréquentés par les étrangers sont particulièrement ciblés par les éléments liés à l’Aqmi.

Opérant par surprise, les hommes armés ont réussi, en un espace de temps assez court, à prendre en otages le gros des employés et des clients de l’établissement situé dans le quartier d’affaires bamakois de Hamdallaye, ACI 2000, où se trouvent également les ambassades du Ghana et de Côte d’Ivoire. L’hôtel Radisson Blu est très prisé par les étrangers.

Au début de la journée, la direction de l’hôtel a indiqué que le nombre des otages était de 170 (140 clients de 14 nationalités, dont 7 Algériens, et 30 employés). La prise d’otages massive, qui ne s’est terminée que vers 17h30 après un assaut des forces maliennes de sécurité appuyées par des soldats d’élite de l’armée française, s’est soldée par la mort de 22 personnes, probablement toutes des clientes de l’hôtel.

Deux terroristes parmi les auteurs de l’attaque ont été tués. Le reste du groupe était encore hier soir en cavale. Qui sont les assaillants et comment ont-ils pu pénétrer dans cet hôtel réputé pour être le plus sécurisé du pays ? Rien n’était encore clair hier. Les terroristes d’Al Mourabitoune, groupe lié à Al Qaîda, ont revendiqué l’attaque sur twitter. L’authenticité de cette revendication n’avait toutefois pas pu être vérifiée hier.

Quoi qu’il en soit, le chargé de la communication du ministère malien de la Défense, le colonel Diarran Koné, a tenu à démentir l’information selon laquelle les terroristes seraient arrivés à bord d’un véhicule immatriculé «corps diplomatique». «Les gens se trompent. C’est un certain Adama Coulibaly, chauffeur de l’ambassade des Etats-Unis, qui était allé chercher des clients à l’hôtel à ce moment-là. D’ailleurs, il a lui aussi été pris pour cible», a déclaré le colonel Koné à une journaliste de l’agence Dunes Voices.

De nombreuses interrogations

Aussitôt l’alerte donnée, des unités de la police et de l’armée maliennes appuyées par des éléments de la Minusma, la force des Nations unies pour le Mali, ont bouclé le quartier avec l’intention de libérer les otages et de neutraliser les assaillants. Des troupes spéciales françaises, acheminées depuis le Burkina Faso voisin, ont été appelées en renfort par Bamako pour participer à l’opération, qui s’annonçait sensible eu égard au nombre important d’otages retenus.

Des forces spéciales américaines étaient également mobilisées. Les événements se sont par la suite accélérés. Trompant l’attention de leurs ravisseurs, une cinquantaine d’otages, parmi lesquels figurent 6 Algériens, ont réussi à s’enfuir sains et saufs de l’hôtel. Ils ont été suivis par un autre groupe d’une vingtaine d’Indiens.

Contraints d’agir vite de peur que les assaillants n’exécutent leurs otages, les services maliens de sécurité décident de donner l’assaut. En pénétrant dans l’hôtel Radisson Blu, les militaires maliens ont découvert les corps de trois clients étrangers dont celui d’un Belge. A Bruxelles, le Parlement de la Fédération de Wallonie-Bruxelles a d’ailleurs confirmé qu’un de ses employés, un haut fonctionnaire, a été tué dans l’attaque.

Accrochages violents

Dans l’hôtel, la progression des unités d’intervention a été lente et les accrochages avec les preneurs d’otages très violents. A la mi-journée, la Télévision publique malienne a annoncé la libération d’«environ 80 otages». «Nos forces spéciales ont libéré une trentaine d’otages et d’autres ont pu s’échapper», a déclaré de son côté le colonel Traoré, ministre de la Sécurité intérieure.

Puis, le ministère malien de la Défense a fait état de «72 personnes libérées». Les échanges de coups de feu ne se sont arrêtés que vers 16h15. Après, il a fallu plus d’une heure aux unités d’intervention pour sécuriser l’établissement. Au cours de la fouille de l’hôtel, les corps d’«au moins 22 personnes» ont été retrouvés, selon les autorités maliennes. Les mêmes sources ont affirmé que les assaillants ne détenaient plus d’otage et que deux terroristes avaient été tués.

Les auteurs de l’attaque «n’ont plus actuellement d’otage entre leurs mains et les forces de sécurité sont en train de les traquer», a assuré de son côté le ministre de la Sécurité intérieure, le colonel Salif Traoré, lors d’une conférence de presse après plusieurs heures d’assaut. Selon un décompte publié par le ministère malien de la Sécurité intérieure sur son compte twitter hier après-midi, au total, 78 personnes qui étaient retenues dans l’hôtel ont été libérées.

Zine Cherfaoui