Ouverture aujourd’hui à Alger de la deuxième phase du dialogue intermalien

Ouverture aujourd’hui à Alger de la deuxième phase du dialogue intermalien

L’espoir d’un accord de paix durable

El Watan, 31 août 2014

Ce premier accord s’est même traduit sur le terrain par l’arrêt effectif des hostilités et un échange de prisonniers.

Après une phase initiale qui a débouché sur une cessation des hostilités en juillet dernier, le dialogue intermalien reprendra cet après-midi à Alger. Ce nouveau round de négociations qui se déroulera en présence de toutes les parties en conflit est décisif. Il devra rapprocher les points de vue afin d’aller vers une solution globale et négociée à cette «guerre» qui n’a que trop duré.

Les parties concernées, en l’occurrence les représentants du gouvernement du Mali, le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), la Coordination pour le peuple de l’Azawad (CPA), la Coordination des Mouvements et Fronts patriotiques de résistance (CM-FPR), le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l’Azawad (dissident), tenteront d’atteindre cet objectif. L’optimisme est, en tout cas, de mise. Surtout après les résultats encourageants obtenus suite à la rencontre initiale qui s’est déroulée, du 17 au 24 juillet, à Alger.

En effet, la médiation algérienne a déjà porté ses premiers fruits avec la signature d’une feuille de route et une «déclaration de cessation des hostilités» entre le gouvernement malien et les groupes politico-militaires. Il ne s’agit pas d’un simple document. Ce premier accord s’est même traduit sur le terrain avec l’arrêt effectif des hostilités et un échange de prisonniers. Ce qui est déjà un succès pour le processus d’Alger. Cette avancée qualitative est appelée à être consolidée à l’issue de ce nouveau round de dialogue. C’est l’un des enjeux de cette nouvelle rencontre.

En tant que chef de file de cette médiation, soutenue par les instances internationales et les pays de la région du Sahel, l’Algérie a fixé cette date du 1er septembre pour le lancement de ces négociations afin de préparer les conditions idoines pour leur réussite. «Cette décision vise à réunir l’ensemble des conditions susceptibles de favoriser la tenue de ces négociation dans un climat serein et constructif, et ce, à la demande de parties maliennes qui ont souhaité disposer de temps suffisant pour la consolidation et le parachèvement de leurs consultations et préparations», précise le ministère des Affaires étrangères.

«Un écho favorable de la première phase du dialogue»

La première phase du dialogue intermalien a été menée, selon le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, «dans le bon sens et a trouvé un écho plus que favorable». «Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour évaluer ces réalisations et sommes parvenus à la conclusion que ce processus a été mené dans le bon sens et ses résultats ont trouvé un écho plus que favorable tant au Mali que sur la scène internationale», déclare-t-il, à l’issue d’une séance de travail avec les représentants de l’ONU, de l’UA et de la Cédéao, tenue hier à Alger.

Le ministre souligne, dans la foulée, les «encouragements» émanant de part et d’autre en faveur du règlement de la crise malienne : «Cette séance des concertations préparatoires au lancement des négociations entre parties maliennes offre un espace de discussion et d’échange sur l’organisation des actions de la deuxième phase du dialogue intermalien.» L’Algérie s’attend, en effet, à la réussite de ces pourparlers qui devront mettre en place un plan de règlement qui servira de base à l’élaboration d’un accord de paix global et définitif.

C’est l’attente aussi du gouvernement malien et des différents belligérants. «Nous sommes là pour la seconde phase des pourparlers intermaliens dans l’espoir d’arriver à un accord global et définitif. Nous sommes confiants que nous tenons le bon bout», estime le ministre malien des Affaires étrangères, de l’Intégration et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop à l’issue de ses entretiens avec Ramtane Lamamra. Estimant que les discussions «ne seront pas un exercice facile», le chef de la diplomatie malienne reste optimiste. «Ce qui est important c’est que cette fois-ci nous pensons que les conditions minimales sont réunies pour parvenir à une solution», ajoute-t-il.

Madjid Makedhi