Hillary Clinton : «J’ai apprécié l’analyse du président Bouteflika»

Alger et Washington accordent leurs violons sur la crise malienne

Hillary Clinton : «J’ai apprécié l’analyse du président Bouteflika»

Le Temps d’Algérie, 29-10-2012

Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine chargée des Affaires étrangères, est arrivée très tôt hier à Alger pour une visite de travail s’inscrivant officiellement dans le cadre du renforcement d’un partenariat stratégique entre l’Algérie et les Etats-Unis. Cependant, cette visite éclair de la responsable américaine, la seconde du genre après celle effectuée en février 2012, constitue aussi une opportunité pour débattre notamment de la crise secouant, depuis avril dernier, le nord du Mali avec qui notre pays partage une bande frontalière de 1400 km.

Mme Clinton a été accueillie par le ministre des Affaires étrangères, à son arrivée à l’aéroport d’Alger. Après un entretien succinct avec ce dernier, le chef de la diplomatie américaine a été par la suite reçue en audience par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Audience qui a eu lieu en fin de matinée au siège de la Présidence, en présence de quatre membres du gouvernement qui sont, outre le ministre des AE, Mourad Medelci, son collègue en charge de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, le ministre délégué auprès de la Défense nationale (MDN), Abdelmalek Guenaïzia, ainsi que le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.

A l’issue de cette audience, Hillary Clinton a indiqué avoir eu avec le chef d’Etat «des discussions très approfondies» sur la situation qui prévaut actuellement dans la région du Sahel, et plus particulièrement au nord du Mali. «Nous avons fait le point sur nos relations bilatérales extrêmement fortes et nous avons souligné le fait que nous venons tout juste de tenir une excellente conférence de dialogue stratégique qui s’est tenue la semaine dernière à Washington, comme nous avons eu des discussions très approfondies sur la situation dans la région (Sahel) et surtout la situation qui prévaut dans le nord du Mali», a-t- elle soutenu, citée par l’APS.

Le chef de la diplomatie a affirmé en outre qu’elle a beaucoup apprécié l’analyse du président Bouteflika «fortement enrichie de sa très longue expérience de la région pour faire face à la situation très complexe et à la problématique très compliquée au nord du Mali, mais aussi pour faire face aux problèmes de terrorisme et de trafic de drogue dans la région». Notons que le président Bouteflika a offert hier un déjeuner en l’honneur de Mme Clinton au Palais du Peuple.

De hauts responsables de l’Etat et des membres du gouvernement ont pris part à ce déjeuner. Alger et Washington ont convenu donc «d’assurer le suivi de ces discussions par le biais des experts en mode bilatéral et dans le cadre de concertations avec les partenaires de la région, avec l’Union africaine, la Cédéao et les Nations unies pour essayer de trouver des solutions à ces problèmes», a encore ajouté Mme Clinton qui ne manquera pas d’adresser ses remerciements au président Bouteflika pour «ses remarques très utiles par rapport à ces différentes situations.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a tenu à rappeler que la venue de Mme Clinton à Alger «intervient dans le sillage de la première session du dialogue stratégique algéro-américain, tenue le 19 octobre à Washington», ajoutant que la nature des entretiens portera sur «la consolidation du partenariat économique et sécuritaire entre les deux pays, ainsi que sur les questions de l’actualité régionale et internationale».

L’Algérie au centre de la solution

Le traitement de la crise malienne replace l’Algérie «au centre de la solution», soutient pour sa part un diplomate américain qui s’est exprimé sous couvert de l’anonymat à l’AFP. «Dans le contexte de ce qui s’est déroulé dans le nord du Mali, l’Algérie est de plus en plus importante et cela va vraiment être au cœur des discussions entre la secrétaire d’Etat et le président Abdelaziz Bouteflika», a soutenu ce même diplomate qui fait partie de la délégation accompagnant Mme Clinton dans le cadre de sa visite dans notre pays.

Il ira même jusqu’à qualifier l’Algérie «d’Etat le plus puissant dans le Sahel», mettant l’accent sur le fait que les Américains considèrent notre pays comme «un partenaire crucial pour s’occuper d’Aqmi». Il est vrai que la coopération sécuritaire entre l’Algérie et les Etats-Unis est un domaine très développé entre les deux capitales, Alger et Washington, domaine qui fait l’objet d’une consolidation de part et d’autre, en vue de le hisser à un niveau stratégique, pour reprendre le ministre des AE, Mourad Medelci.

Karim Aoudia