La peur s’empare de la capitale malienne

Nouvelle attaque contre la Mission de l’ONU

La peur s’empare de la capitale malienne

El Watan, 22 mai 2015

La situation sécuritaire continue à se dégrader à Bamako, la capitale malienne. Le gardien d’une résidence de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a été blessé par balle, hier, par un homme armé qui a réussi à prendre la fuite, abandonnant sur place deux grenades non explosées, a annoncé la Minusma dans un communiqué. Cette attaque, a expliqué la mission onusienne, s’est produite le matin vers de 2h30 (locales et GMT), dans le quartier de Faso, au sud-est de la capitale.

«Un homme armé a tenté de mette le feu à un véhicule de la Minusma garé devant la résidence de plusieurs personnels militaires de la Mission» puis, «avant de prendre la fuite, il a tiré sur le gardien qui a été blessé, sur la maison, ainsi que sur les voitures de la Minusma garées, toutes clairement identifiées UN (Nations unies), causant des dommages matériels (…).

Le gardien a été transporté à un hôpital pour recevoir les soins nécessaires», a ajouté la Minusma. «Alertée, la police malienne s’est déployée sur les lieux, avec la sécurité de la Minusma, pour mener les investigations initiales» et une équipe du service antimines de la mission «a été chargée de neutraliser deux grenades non explosées retrouvées sur place».

La Minusma «condamne dans les termes les plus vigoureux cette attaque contre son personnel et ses biens, qui constitue un crime grave au regard du droit international». Elle «appelle les autorités maliennes à tout mettre en œuvre pour identifier le responsable de cet acte et de le traduire en justice», en précisant que la sécurité de son personnel, notamment à Bamako, leur «incombe». Cette attaque survient plus de deux mois après le premier attentat à Bamako contre des Occidentaux, qui a visé le 7 mars un bar très fréquenté par les locaux et les expatriés, faisant cinq morts (trois Maliens, un Français et un Belge).

Le nord au bord de la guerre

Dans le nord du Mali, six jours après la signature d’un accord de paix, la situation reste aussi tendue sur le terrain. Les affrontements restent réguliers dans le Nord, notamment autour de Ménaka. Cette localité de la région de Gao a été conquise par des groupes armés pro-gouvernement fin avril, provoquant une reprise des combats avec les groupes rebelles dans le Nord. Les groupes pro-Bamako refusent d’abandonner cette localité. Le 18 mai, des hommes armés ont attaqué un point de contrôle FAMA sur l’axe Tombouctou-Douentza.

Trois soldats des Forces armées maliennes ont été tués, un autre ainsi qu’un civil ont été blessés durant cette attaque. Le même jour, une dizaine d’hommes armés ont par ailleurs fait irruption dans le village de Zorho Djinde. Les villageois ayant fui avant l’arrivée des assaillants, aucune victime n’est à déplorer. Cinq maisons et huit tonnes de céréales ont été brûlées. La veille, des hommes armés avaient blessé par balle deux habitants dans le village de Tamachkoyt (commune de Tonka).

Le 16 mai, dans les environs de Almoustarat (région de Gao), un véhicule-suicide a attaqué un convoi de la Minusma, un blessé léger est à déplorer. Face à cette recrudescence de violence, la Minusma a rappelé l’impérieuse nécessité du maintien du cessez-le-feu au Mali et met tout en œuvre pour assurer la protection des populations civiles dans la limite de ses capacités. Mais visiblement, les belligérants ne l’entendent pas de cette oreille.

Deux chefs terroristes tués par l’armée française

Deux des principaux chefs djihadistes au Sahel, Amada Ag Hama alias Abdelkrim le Touareg et Ibrahim Ag Inawalen alias Bana ont été tués dans le nord du Mali, dans la nuit de lundi à mardi, par les forces spéciales françaises, a annoncé hier le ministère français de la Défense.

Les deux hommes sont parmi les principaux chefs d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) et d’Ançar Eddine, deux groupes responsables «de nombreuses attaques terroristes contre les forces internationales, ainsi que d’exactions répétées à l’encontre des populations maliennes», précise le ministère dans un communiqué. AFP

A. Z.