Mali : L’Accord de paix sera paraphé aujourd’hui à Alger

Mali : L’Accord de paix sera paraphé aujourd’hui à Alger

par R. N., Le Quotidien d’Oran, 1er mars 2015

La médiation algérienne aux pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du pays, a remis aux parties un nouveau projet d’Accord, selon le document consulté, vendredi, par l’AFP.

Intitulé : « Accord pour la paix et la réconciliation, au Mali, issu du processus d’Alger ». Ce texte de 30 pages, comprenant 3 annexes, est daté du 25 février. Le document appelle à « reconstruire l’Unité nationale du pays, sur des bases novatrices, qui respectent son intégrité territoriale, tiennent compte de sa diversité ethnique et culturelle ». Il mentionne l’appellation « Azawad », par laquelle ces groupes désignent cette région, comme « une réalité socio-culturelle, mémorielle et symbolique, partagée par différentes populations du Nord Mali ».

Le texte prévoit, aussi, l’instauration d’une période intérimaire de 18 à 24 mois, à partir de la signature d’un « Accord global et définitif de paix ». Une Conférence nationale devrait être organisée, pendant cette période, qui aura pour mission de mener « un débat approfondi (…) sur les causes profondes du conflit ». L’objectif de cette Conférence est d’aboutir à une « Charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale ».

ZONE DE DEVELOPPEMENT DU NORD

Le document propose, aussi, la création d’Assemblées régionales, élues au suffrage universel direct, dotées de pouvoirs importants, dirigées par un Président élu, lui aussi, directement, ainsi qu’une « plus grande représentation des populations du Nord, au sein des institutions nationales ».

Le projet prévoit qu’à partir de 2018 un « mécanisme de transfert de 30 % des recettes budgétaires de l’Etat, aux collectivités territoriales (…) avec une attention particulière pour les régions du Nord », soit adopté par le gouvernement. Ce mécanisme porte sur la création d’une Zone de développement du Nord, dotée d’une stratégie visant à le « hisser au même niveau que le reste du pays, en termes d’indicateurs de développement », dans un délai de 10 à 15 ans. Cette stratégie bénéficie, aussi, d’un financement de la part de la Communauté internationale, qui sera appelée à contribuer « promptement et généreusement » à une Conférence d’appel de fonds.

SECURITE

Le volet sécurité est, aussi, évoqué dans le projet qui prévoit le déploiement progressif d’une armée malienne restructurée, notamment par l’intégration de combattants des mouvements armés du Nord, avec des patrouilles mixtes, au plus tard, deux mois après la signature de l’Accord. Il est, également, prévu la création d’une police territoriale. Le gouvernement et six groupes armés ont entamé, le 16 février à Alger, un cinquième round de négociations de paix. Il s’agit des mouvements rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), du Mouvement arabe de l’Azawad-dissident (MAA-dissident), ainsi que des groupes pro-gouvernementaux MAA, Coordination pour le peuple de l’Azawad (CPA) et Coordination des Mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR).

DIVERSES REACTIONS AU PROJET D’ACCORD

Le projet de la médiation algérienne aux pourparlers de paix sur le Mali a été, favorablement, accueilli par le gouvernement, mais avec réserves par la rébellion du nord du pays, indique l’AFP. Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop affirme, à ce propos : « Nous nous sommes félicités de la qualité de ce projet d’accord qui, de notre point de vue, est un document équilibré », souhaitant « qu’un compromis se fasse, rapidement, autour de ce document ». Le ministre s’est réjoui qu’il ne soit pas question dans le projet « de s’engager dans une fédération ou une autonomie quelconque et que l’intégrité territoriale du Mali, le caractère laïc et républicain de l’Etat, soient préservés en toutes circonstances ».

En revanche, un représentant de la Coordination des mouvements de l’Azawad, qui regroupe les rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et du Mouvement arabe de l’Azawad-dissident (MAA-dissident), a indiqué que celle-ci ne s’était pas encore prononcée. « On est en train d’écouter les commentaires de la médiation. Il était prévu que dans la journée de samedi, le document soit renvoyé avec quelques suggestions », a indiqué à l’AFP Mohamed Ousmane Mouhamedoun. « Notre souci est d’aller vers un accord. Depuis huit mois, nous avons fait le choix d’aller vers un accord », a-t-il assuré.