Moncef Marzouki compte sur le poids de l’Algérie pour relancer l’UMA en 2012

Moncef Marzouki compte sur le poids de l’Algérie pour relancer l’UMA en 2012

Ferhat Yazid, Maghreb Emergent, 10 Février 2012

Le Chef d’Etat tunisien, Moncef Marzouki en tournée maghrébine croit dur comme fer que la relance de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) se fera au courant de l’année 2012. « A partir de cette année nous allons mettre sur les rails l’UMA », a-t-il déclaré dans un entretien à la radio algérienne. Il compte sur le « poids » de l’Algérie qui affiche selon lui une volonté manifeste pour la relance de l’Union maghrébine.

Moncef Marzouki estime que l’année 2012 offre une chance « historique » pour la reconstruction maghrébine d’autant que l’Algérie a affiché sa prédisposition à sa mise en œuvre. « Lors de la visite en Tunisie du président Abdelaziz Bouteflika, à l’occasion de la célébration du premier anniversaire de la révolution tunisienne, j’ai décelé son ouverture à la relance de l’UMA, une attitude à laquelle je ne m’attendais pas», a-t-il révélé. Et d’ajouter : « Je suis persuadé que le président Abdelaziz Bouteflika va jouer un rôle principal et central dans cette relance ». Le président tunisien mise sur un rôle que devrait jouer l’Algérie dans cette reconstruction, « du fait de son poids » dans l’équilibre régional et sa position géographique centrale. Mais d’où tient-il cette conviction ? Moncef Marzouki croit déceler une volonté manifeste de Abdelaziz Bouteflika à cette reconstruction. « Et si l’Algérie décide de mettre tous son poids pour relancer l’UMA, tout le Maghreb bougera », a-t-il précisé. Le nouveau Chef d’Etat tunisien conçoit l’avenir de la région dans un espace politique et économique commun où cinq libertés seront respectées : liberté de circulation de personnes et de marchandises, liberté d’installation, liberté de jouissance des biens, liberté d’investissement et liberté de participer aux élections municipales (après 5 années de résidence). « Si on parvient à réaliser ces objectifs en 5 années, toute la région va changer », a-t-il dit. La deuxième étape, selon lui, serait la construction des institutions maghrébines (parlement maghrébin, commission maghrébine…etc.).

« Il ne faut pas s’inquiéter de la révolution tunisienne »

Par ailleurs, Moncef Marzouki considère que tout le Maghreb marche vers la démocratie, y compris le Maroc et l’Algérie. « Nous avons marché dans le même chemin mais à des vitesses et circonstances différentes », soutient-il. Le plus important à ces yeux est que la construction démocratique est en parachèvement et que les Etats adoptent le principe de la « bonne gouvernance » afin de sortir, a-t-il dit, du repli « national ». Sur la révolution tunisienne, Moncef Marzouk rassure : « il ne faut pas s’inquiéter sur la révolution tunisienne ». Il affirme que la Tunisie a fait de grands pas qui se résument dans l’édification d’institutions politiques et l’organisation d’élections démocratiques. « Je pense que nous avons commencé avec le plus difficile et il ne reste que le difficile à savoir solder le lourd héritage de l’ancien régime et celui d’une année de bouleversements », a-t-il affirmé. Interrogé sur le cas syrien, le président tunisien regrette que la révolution ne soit pas suivi la voie de la démocratie et a sombré dans la violence. Il a mis en garde contre une intervention étrangère et conçoit un règlement dans le cadre de la Ligue Arabe, selon la proposition faite par cette dernière demandant au président syrien de céder le pouvoir afin d’organiser des élections libres et transparentes. « Je crois que c’est la seule issue », a-t-il soutenu refusant les agendas des occidentaux.