Mourad medelci aujourd’hui à Rabat

MOURAD MEDELCI AUJOURD’HUI À RABAT

Une visite sur fond de tension

Par Nadia BENAKLI, L’Expression, 5 Mai 2013

Le voyage du chef de la diplomatie algérienne au Maroc devra donner l’opportunité à M. Medelci de revenir sur certaines déclarations très graves du parti marocain de l’Istiqlal.

Le ministre des Affaires étrangères, M.Mourad Medelci, se rendra aujourd’hui au Maroc pour participer aux travaux de la 31e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Une visite qui intervient sur fond de tension, suite à l’appel du secrétaire général du parti de l’Istiqlal, Hamid Chabat, à récupérer les territoires algériens de Tindouf et Béchar. Une déclaration qui n’a pas manqué de susciter la colère d’Alger.
Le voyage du chef de la diplomatie algérienne au Maroc devra donner l’opportunité à M.Medelci de revenir sur les dernières attaques d’officiels marocains contre l’Algérie. Le chef de la diplomatie algérienne ne manquera pas de demander des explications à son homologue marocain sur la déclaration du responsable de l’Istiqlal qui siège au gouvernement. Une provocation qui est loin d’être un hasard pour Alger sachant que le Maroc, acculé par une situation sociale des plus asphyxiantes mène ces derniers temps une campagne de dénigrement contre l’Algérie.
Par ailleurs, les rapports successifs des ONG des droits de l’homme qui ont mis à nu les exactions et les tortures commises par les services de répression marocains au Sahara occidental, incitent Rabat à trouver un ennemi extérieur. Jeudi dernier le secrétaire général de l’Istiqlal, Hamid Chabat, a appelé, dans une déclaration au site marocain Lakom, à récupérer les territoires algériens de Tindouf et Béchar, qu’il a qualifiés de «territoires marocains colonisés par l’Algérie». Une déclaration qui n’a pas laissé de marbre la diplomatie algérienne.
«Ce responsable qui a déjà tenu des propos similaires dans un passé récent, serait bien avisé de ne pas persévérer dans la provocation et l’aventurisme qui consistent à contester la convention relative au tracé de la frontière d’Etat établie entre la République algérienne démocratique et populaire et le Royaume du Maroc, signée le 15 juin 1972 et qui comporte des cartes annexées à la convention et qui a fait l’objet d’enregistrement auprès du secrétariat général des Nations unies», a mis en garde le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères, Amar Belani.
Intransigeant, M.Belani déclare que «la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’intangibilité des frontières de l’Algérie ne sauraient, en aucune manière et sous aucun prétexte, faire l’objet de manoeuvres partisanes ou politiciennes irréfléchies qui minent le bon voisinage». En marge de la rencontre d’aujourd’hui, M.Medelci va mettre les points sur les «I». D’autant plus que cette session sera consacrée à l’examen de toutes les questions pendues et qui handicapent la concrétisation du projet maghrébin.
«Les participants examineront lors de cette session les voies et moyens de renforcer l’action maghrébine commune à la lumière des développements et défis que connaît la région ainsi que les questions inhérentes à l’intégration économique maghrébine et la poursuite de la réforme de l’Union», a indiqué dans une déclaration le porte-parole du ministère des Affaires étrangères M.Amar Belani. Il sera également procédé, lors de ces travaux, à «l’adoption du budget du secrétariat général de l’Union et à l’évaluation des progrès enregistrés dans le processus maghrébin ainsi que les échéances maghrébines pour l’étape à venir».
Selon M.Belani, cette session sera «l’occasion pour les ministres des Affaires étrangères de l’UMA de poursuivre la concertation et la coordination des positions sur les questions politiques, régionales et internationales qui concernent la région». Cette session est précédée par une réunion hier du comité de suivi en plus de la réunion tenue les 2 et 3 mai qui a regroupé les hauts fonctionnaires.