Participation limitée des Avant-gardes des libertés

ÉLECTIONS LOCALES

Participation limitée des Avant-gardes des libertés

Le Soir d’Algérie, 1er octobre 2017

Finalement, le parti des Avant-gardes des libertés aura une participation limitée aux élections locales du 23 novembre prochain.
Mohamed Kebci – Alger (Le Soir) – Le parti, fortement attendu à l’occasion de ce scrutin, le premier auquel il participe après avoir boycotté les dernières élections législatives, n’a pu confectionner qu’une cinquantaine de listes (47) pour les APC (Assemblées populaires communales) et une douzaine (12) pour les APW (Assemblées populaires de wilayas).
Une maigre participation très loin de ce qui était attendu d’un parti mené par l’ex-chef de gouvernement et second aux dernières élections présidentielles, Ali Benflis, avec, pour rappel, plus de deux millions deux-cent mille voix. Surtout que le président des Avant-gardes des libertés revendique près de 300 000 militants et une structuration aux quatre coins du pays.
A quoi donc, imputer cette faible participation ? Djamal Bentoumi, un membre du comité central et du secrétariat national, indique que la décision de participation à ces élections, par ailleurs, étriquée, des membres du comité central, le 26 août dernier, était «tardive car intervenue seulement la veille de la convocation du corps électoral pour ce scrutin». Ce que notre interlocuteur dit «regretter» quelque peu puisqu’il aurait été «beaucoup plus opportun» de se définir par rapport à ces élections bien avant, soit durant l’avant-dernière session ordinaire du comité central du parti, en avril écoulé. Cela dit, ce cadre du parti des Avant-gardes des libertés n’omet pas de mettre le doigt sur les écueils rencontrés sur le terrain lors de l’opération de collecte des fameux parrainages des citoyens, le parti y étant contraint par la loi portant code électoral, n’ayant jamais eu à prendre part à une quelconque élection. Et d’illustrer ce véritable parcours du combattant en la matière par le fait que lui-même n’ait pu signifier son parrainage à la liste du parti au niveau de sa commune de résidence, faute d’avoir à temps son numéro d’inscription sur le fichier électoral.
Un «échantillon» de l’arsenal de contraintes et d’entraves auquel le parti comme nombre d’autres formations politiques ont dû faire face.
Et quelles répercussions de cette participation trop limitée des Avant-gardes des libertés sur le moral des troupes ? Notre interlocuteur a tenu, à relever le net désintérêt des citoyens à l’égard de la chose électorale et politique, rappelant, au passage, que le mot d’ordre de participation n’a été arraché qu’in extremis par les membres du comité central dont beaucoup ont signifié leur refus de ces élections.
Il faut rappeler, à ce sujet, que l’écart entre les participationnistes et les boycotteurs était seulement de 25 voix, les premiers étaient de l’ordre de 134 et les seconds de l’ordre de 109.
Un fait qui a déteint inévitablement et lourdement sur l’opération de collecte des paraphes des électeurs, ajouté au retard déjà relevé dans cette prise de décision de participation et à l’indifférence ambiante au sein de la société à l’égard de ce qui sent le politique, et partant, les élections.
Avec cette participation limitée du parti des Avant-gardes des libertés et celles, certes plus significatives mais toujours insuffisantes du FFS et du RCD, le premier n’ayant pu présenter que 348 listes pour les APC et 18 pour les APW, le second n’ayant pas encore fait état de l’étendue de sa participation, c’est le camp démocratique qui prend un coup sérieux à l’occasion de ces élections locales. Ceci à l’opposé des partis du pouvoir et ceux agissant à sa périphérie ou encore ceux du camp islamiste, qui partent largement favoris pour avoir essaimé, pour les premiers, la presque totalité des circonscriptions électorales, et pour les seconds, avoir présenté un nombre acceptable de listes électorales.
M. K.