La ligue arabe face à l’état islamique: Report de la réunion sur la création d’une force conjointe

La ligue arabe face à l’état islamique

Report de la réunion sur la création d’une force conjointe

El Watan, 27 août 2015

La réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères des pays membres de l’organisation panarabe avait été convoquée pour approuver et signer le protocole d’accord sur la création d’une force arabe conjointe, destinée notamment à combattre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).
«La réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères arabes initialement prévue jeudi 27 août (…) a été reportée à une date qui sera fixée ultérieurement», a annoncé le communiqué, sans préciser les raisons de ce report.
Il explique qu’il intervient à la demande de l’Arabie Saoudite, soutenue par le Bahreïn, le Koweït, le Qatar, les Emirats arabes unis et l’Irak.
Les chefs d’Etat arabes avaient annoncé fin mars, lors de leur sommet annuel, la création de cette force commune. La Ligue arabe a alors donné quatre mois à ses Etats membres pour s’entendre sur sa composition et sur les règles d’engagement.
Le secrétaire général de la Ligue, Nabil Al Arabi, avait signifié à plusieurs reprises que l’un des objectifs majeurs de cette armée arabe serait de combattre les djihadistes de l’EI, qui contrôlent des pans de territoires en Irak et en Syrie et sont très actifs dans le Sinaï égyptien et en Libye.
L’annonce de la création de cette force a coïncidé avec le début des bombardements de la coalition de pays arabes emmenée par l’Arabie Saoudite contre les rebelles chiites au Yémen. Les chefs d’Etat ont assuré que la force serait aussi mise en place pour intervenir dans des conflits au Moyen-Orient en cas de besoin.
Attentisme
La Ligue arabe a appelé, le 18 août, à mettre en place d’urgence une stratégie pour aider militairement le gouvernement libyen à lutter contre les éléments du groupe EI, mais n’a pas annoncé pour autant le lancement de frappes aériennes, comme le souhaitait le gouvernement libyen.
«La Ligue arabe affirme qu’étant donné la difficulté de la situation, il y a un besoin urgent de mettre en place rapidement une stratégie arabe qui inclut une assistance militaire à la Libye», a-t-elle indiqué dans un communiqué, à l’issue d’une réunion extraordinaire tenue ce même jour dans la capitale égyptienne, Le Caire, pour débattre d’une demande du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale «d’adopter des mesures pour faire face à la progression de l’EI» en Libye.
Des combats ont éclaté le 11 août à Syrte, des habitants ont pris les armes pour tenter de déloger l’EI de cette ville, située à 450 km à l’est de Tripoli, dont le groupe avait pris le contrôle en juin.
Livrée au chaos depuis la chute du régime El Gueddafi en 2011, la Libye compte deux Parlements et deux gouvernements qui se disputent le pouvoir.
L’Egypte active au niveau à la fois de l’ONU pour pousser à une intervention militaire internationale en Libye, et de la Ligue arabe pour la formation, annoncée en mars, d’une force arabe destinée à combattre les groupes djihadistes dans la région, en Libye en priorité.
Les chefs des armées des pays de la Ligue arabe ont tenu, pour le moment, deux réunions à ce sujet, une troisième est en préparation.
L’EI a revendiqué ses premières attaques en Libye en janvier dernier, dont la plus retentissante a visé un hôtel dans le centre de Tripoli. Attaque qui a fait 9 morts, dont un Américain, un Français, un Sud-Coréen et deux Philippins.
En février, il a annoncé la décapitation de 21 chrétiens, la plupart Egyptiens. En représailles, l’Egypte mène des frappes contre des positions présumées du groupe à Derna, en coordination avec les forces du général Khalifa Haftar, et réclame une intervention militaire internationale.
Le général Haftar a lancé sa première opération contre les islamistes en mai 2014. Les autorités l’ont accusé de «tentative de coup d’Etat».
En octobre de la même année, bénéficiant du soutien du Parlement et du gouvernement reconnus par la communauté internationale, il lance une contre-offensive dans le but de reconquérir Benghazi.
Les 18 et 23 août 2014, des avions de chasse des Emirats arabes unis bombardent secrètement le sud de Tripoli, avec le soutien logistique de l’Egypte, ciblant des positions d’une coalition armée de factions de Misrata et de Tripoli.
Amnay idir