La MAE Israélienne relance les pays arabes

La MAE Israélienne relance les pays arabes

Alger face à une normalisation pilotée par les Saoudiens

Par : Rédaction de Liberte, 13 mars 2007

Tel-Aviv a choisi son moment pour relancer les pays arabes sur une éventuelle normalisation. À dix jours du sommet arabe de Riyad, Israël remet sur le tapis la question de la normalisation à laquelle l’Algérie est farouchement opposée.

“N’attendez pas que la paix arrive pour normaliser les relations avec nous”, a lancé la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, lors d’une conférence de l’Aipac, le lobby pro-israélien en Amérique lors de son passage à Washington. Elle appelle ainsi les pays arabes, notamment les États opposés à la normalisation dont fait partie l’Algérie, à normaliser leurs relations avec Israël sans attendre la fin du conflit.
Cette nouvelle proposition intervient alors que les milieux diplomatiques évoquent un “canal secret” de discussions entre Palestiniens et Israéliens et, à moins de deux semaines d’un sommet arabe en Arabie Saoudite, où le roi Abdallah compte réussir en remettant au goût du jour sa proposition de normalisation conditionnée entérinée par les États de la Ligue arabe en 2002.
De son côté, Ehud Olmert a exprimé le souhait que, lors du prochain sommet arabe à Riyad, prévu les 28 et 29 mars, les participants “mettent l’accent sur les aspects positifs de l’initiative saoudienne, ce qui permettrait de renforcer les chances d’une négociation avec les Palestiniens sur cette base” dans une déclaration synchronisée avec celle de Livni.
Américains et Israéliens comptent considérablement sur l’influence du royaume saoudien sur les États arabes récalcitrants à la normalisation pour les amener à modérer leur position lors du sommet. Du côté algérien, où la question de la normalisation a été tranchée depuis longtemps et qui demeure conditionnée par le règlement global des conflits au Moyen-Orient, impliquant les Palestiniens mais également les Syriens, la réponse va certainement être négative.
Résistant aux pressions américaines sur le sujet, Alger ne voit aucun “bénéfice” à normaliser avec Israël dans une conjoncture marquée par une oppression intolérable du peuple palestinien et un acharnement systématique des Israéliens contre toute initiative de paix de Mahmoud Abbès, qui s’est plaint au président Bouteflika de la stratégie d’isolement que Tel-Aviv lui a appliquée sans état d’âme.
Si le président Bouteflika n’a pas encore répondu favorablement à la participation au sommet de Riyad, les observateurs diplomatiques guettent la réaction algérienne, surtout qu’elle est devenue, par la force du lobbying israélo-américain et les arrangements de ses voisins, le seul État du Maghreb à refuser une normalisation au rabais avec Israël.

M. B.