La violence continue à secouer la Libye : le chef de la police militaire tué vendredi à Benghazi

La violence continue à secouer la Libye : le chef de la police militaire tué vendredi à Benghazi

Rédaction Maghreb Emergent, 19 octobre 2013

L’assassinat du colonel Mustapha Al Barghati vient illustrer, encore une fois, l’anarchie sécuritaire que vit la Libye et dont le comble a été atteint le 10 octobre dernier, lorsque le Premier ministre lui-même, Ali Zeidan, a été enlevé à Tripoli, pendant quelques heures, par un groupe armé non identifié.

Des inconnus ont assassiné hier vendredi à Benghazi (Est) le chef de la Police militaire libyenne, le colonel Mustapha Al Barghathi, rapportent des agences de presse citant des sources sécuritaires libyennes.

Selon une source citée par l’agence Reuters, l’officier libyen a été abattu alors qu’il quittait son domicile pour se rendre à la mosquée afin d’effectuer la prière hebdomadaire du vendredi. « Il a été atteint de plusieurs coups de feu. Il a été évacué à l’hôpital, où il est mort », a ajouté cette source.

Le colonel Abdallah Al Zaidi, un porte parole des services de sécurité contacté par l’AFP, a rappelé que la victime avait été le premier officier de l’armée de l’ancien régime à former un groupe de combattants rebelles après le déclenchement de l’insurrection libyenne en février 2011.

Selon l’AFP, en représailles contre cet attentat, des membres de la tribu de Mustapha Al Barghathi, les Braghtha, ont attaqué à coups de roquettes, dans la soirée de vendredi, la maison d’un chef de milice islamiste, Wissam Ben Hamid, accusé d’avoir commandité l’assassinat du haut officier libyen. L’attaque, a précisé le colonel Abdallah al-Zaidi, n’a pas fait de victimes, la maison étant vide à ce moment-là.

Wissam Ben Hamid, rappelle l’AFP, dirige une milice d’ex- combattants rebelles appelée « Bouclier de Libye ». Cette milice était chargée, par le ministère de la Défense libyen, d’assurer la sécurité de la capitale de l’Est libyen jusqu’à juin dernier, lorsqu’un assaut contre son QG, par des groupes révoltés par les exactions des miliciens à Benghazi, avait fait trente morts. Elle est accusée d’être derrière les assassinats visant des officiers de haut rang, la déstructuration des services de sécurité lui permettant, présume-t-on, de retrouver son influence.

Benghazi, « bastion de la révolution » et… de la violence politique

Benghazi, pour rappel, est le théâtre de grandes violences depuis la chute de la dictature de Mouammar Kadhafi. Outre les attentats contre les officiers des services de sécurité, elle a connu plusieurs attaques contre les représentations diplomatiques étrangères. Depuis l’assaut contre l’ambassade des Etats-Unis, le 11 septembre 2012, dans lequel l’ambassadeur américain Chris Stevens a trouvé la mort, l’ambassade de Russie a été, le 2 octobre dernier, la cible d’un attentat qui n’a pas fait de victimes suite auquel le personnel diplomatique russe a été évacué vers la Tunisie. Un peu plus d’une semaine plus tard, le 11 octobre, une explosion a eu lieu à proximité du consulat suédois sans faire de victimes.

Comble de l’insécurité qui règne en Libye et devant laquelle les autorités semblent totalement impuissantes, le Premier ministre libyen Ali Zeidan a été kidnappé le 10 octobre dernier à Tripoli par un groupe armé non identifié. Après sa libération, quelques heures plus tard, il avait qualifié cet enlèvement de « tentative de coup d’Etat » et, avec des mots à peine voilés, il avait accusé les Frères musulmans de l’avoir fomenté après avoir échoué à faire tomber le gouvernement par la voie parlementaire.