ONU : le Conseil de sécurité sanctionne le clan Kadhafi

ONU : le Conseil de sécurité sanctionne le clan Kadhafi

Par Alexandra Geneste, RFI, 27 février 2011

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité le 26 février 2011 une série de sanctions sévères contre le colonel Mouammar Kadhafi, son régime et sa famille. Cela concerne le Guide libyen, ses sept fils, sa fille et seize personnes étroitement associées au régime. Cette résolution leur impose une interdiction de déplacement et un gel de leurs avoirs. Elle demande également la saisine de la Cour pénale internationale et décrète un embargo sur la vente d’armes à la Libye.Vendredi, le Conseil de sécurité avait menacé de poursuivre le colonel Kadhafi pour «crimes contre l’humanité».

Avec cette résolution, « l’impunité n’est plus une option », a souligné l’ambassadeur français auprès de l’ONU, Gérard Araud. « C’est un clair avertissement aux autorités libyennes sur le fait qu’elles doivent arrêter les violences », a de son côté estimé son homologue américaine, Susan Rice.

C’est à l’unanimité que le Conseil de sécurité a voté une résolution imposant des sanctions sévères au colonel Kadhafi, à sa famille et à des proches du régime. Le texte, rédigé par les Français, les Britanniques, les Américains et les Allemands, impose un embargo sur les armes, l’interdiction de voyager au leader libyen, ses huit enfants et six autres personnes, ainsi que le gel de leurs avoirs financiers.

C’est par ailleurs, la première fois que le Conseil de sécurité décide unanimement de déférer un Etat membre à la CPI, Cour pénale internationale, pour crimes contre l’humanité. Or, le seul principe de cette saisine était loin de faire l’unanimité, la Chine, la Russie, l’Afrique du Sud, l’Inde, le Brésil et le Portugal ayant soulevé des objections.

C’est, semble-t-il, une lettre de l’ambassadeur libyen adressée au Conseil de sécurité et soutenant le recours à la Cour pénale internationale, qui a permis de rallier tous ces pays à la cause défendue essentiellement par la France et le Royaume-Uni.

Par ailleurs, comme les Etats-Unis et la Grande Bretagne, la France ferme son ambassade à Tripoli. « Nous n’avons voulu prendre aucun risque», déclare Bernard Valero, porte-parole du Quai d’Orsay. Paris confie ses intérêts en Libye à l’ambassade de Russie.