Grogne sociale en Irak

LES IRAKIENS RÉCLAMENT L’ACCÈS AUX SERVICES PUBLICS

Grogne sociale en Irak

Le Soir d’Algérie, 19 février 2011

Les Irakiens sont dans la rue depuis mercredi. Point de slogans revendiquant la chute du régime mais des revendications à caractère social.
L’Irak a vécu, mercredi, une journée particulièrement violente depuis le début de la protestation, il y a deux semaines, qui avait débuté après la mort d’un jeune manifestant au sud de Bagdad. Dès jeudi, le mouvement de contestation s’est étendu au Kurdistan, où deux personnes ont été tuées et 47 ont été blessées par balles à Souleimaniyeh. La veille, à Tkout (160 km au sud de Bagdad), un manifestant de 16 ans avait été tué et 27 autres avaient été blessés lorsqu’une foule en colère avait incendié des bâtiments publics pour protester contre l’absence de services publics. Dans la localité de Nasr, à 240 km au sud de Bagdad, près de Nassiriya, des dizaines de manifestants exigeant des emplois et des services publics ont pénétré dans la mairie, incendiant l’entrée et mettant le feu à des dossiers. Dans la cité multiethnique de Kirkouk, à 240 km au nord de Bagdad, 350 femmes et enfants ont défilé entre le bâtiment du ministère de la Santé et le gouvernorat en brandissant des banderoles. Point commun entre tous ces manifestants : la revendication du droit d’accéder aux services publics de base. Les contestataires reprochent aux gouverneurs de n’avoir rien fait pour améliorer le quotidien des citoyens qui réclamaient, entre autres, le courant électrique, du travail pour les chômeurs et l’accès gratuit aux soins. Réagissant à ce mouvement qui n’a pratiquement épargné aucune région du pays, le Premier ministre Nouri al-Maliki mettait en garde «contre la violence », affirmant accueillir «favorablement ceux qui manifestent pacifiquement pour leurs droits légitimes mais pas ceux qui exploitent ces revendications pour susciter des émeutes. Les auteurs seront traduits en justice», avant d’accuser les puissances étrangères d’être derrière ces événements.
N. I.