Les Egyptiens sous le choc

Ils ont pleuré hier les 305 morts de l’attentat contre la mosquée Al Rawda

Les Egyptiens sous le choc

El Watan, 26 novembre 2017

Les Egyptiens ont pleuré hier les 305 personnes tuées la veille dans une mosquée, dont 27 enfants, l’attentat le plus sanglant de l’histoire récente du pays.

La précédente attaque la plus meurtrière en Egypte remonte à octobre 2015, lorsqu’un attentat à la bombe, revendiqué par la branche égyptienne de l’EI, avait coûté la vie aux 224 occupants d’un avion russe après son décollage de Charm El Cheikh, station balnéaire du Sinaï.

Hier, toutes les victimes de l’attaque ont été inhumées. Non encore revendiqué, l’attentat survenu lors de la prière du vendredi dans la mosquée Aal Rawda de Bir Al Abd, à 40 km à l’ouest d’Al Arich, capitale de la province du Nord-Sinaï. En fin de matinée hier, toutes les mosquées du pays ont dédié la prière aux «martyrs» de cet attentat et certaines devraient faire de même dans la soirée. Le président Al Sissi a appelé de son côté les forces armées à édifier un mémorial en hommage aux victimes, rapportent les médias d’Etat.

S’agissant de l’attentat en lui-même, le Parquet égyptien a indiqué qu’une trentaine d’hommes armés portant la bannière noire du groupe terroriste autoproclamé Etat islamique (EI) avaient pris part au massacre des fidèles. Les assaillants ont fait exploser une bombe avant de tirer à l’arme automatique sur les fidèles. Cette attaque, rarissime dans une mosquée égyptienne, a laissé le pays en état de choc. Vendredi, des témoins ont déclaré que les assaillants avaient encerclé la mosquée avec des véhicules tout-terrain et qu’ils avaient ensuite posé une bombe à l’extérieur du bâtiment. Après l’explosion de celle-ci, les hommes armés ont tiré sur les fidèles paniqués qui tentaient de fuir et mis le feu aux véhicules de ces derniers afin de bloquer les routes menant à la mosquée. L’attaque a été condamnée par de nombreux pays.

«Opération vengeance»

En réaction à cet acte sanglant, l’Algérie, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif, a «fermement» condamné, vendredi, l’attentat terroriste qui a ciblé des fidèles à la mosquée Al Rawda, tout en réaffirmant sa solidarité avec le gouvernement et le peuple égyptiens. «Cet acte barbare dévoile encore une fois le visage ignoble du terrorisme qui ne se soucie guère de la sacralité de l’âme humaine. Pire encore, il excelle à horrifier des citoyens innocents, en semant la terreur et en effusant le sang», a soutenu M. Benali Cherif, exprimant la conviction profonde de l’Algérie que «malgré son acharnement et sa férocité, le terrorisme ne saurait et ne pourrait entamer la détermination de ce pays frère, dans toutes ses composantes, à y faire face et à le combattre avec force et témérité».

Quelques heures après la promesse du président égyptien Abdelfattah Al Sissi de «venger les martyrs», l’armée a, pour sa part, procédé dans la nuit à des frappes aériennes dans la zone de l’attaque, où les forces de sécurité combattent la branche égyptienne de l’organisation terroriste. Les avions ont visé «des véhicules utilisés dans l’attaque terroriste, tuant leurs occupants», a indiqué un porte-parole.

Le grand imam d’Al Azhar, principale institution de l’islam sunnite, Ahmed El Tayeb, a condamné «l’attaque terroriste barbare», et le pape François s’est dit «profondément attristé par les pertes humaines». La branche égyptienne de l’EI mène régulièrement des attaques contre les forces de sécurité dans la péninsule du Sinaï, qui borde Israël et la bande de Ghaza, bien que la fréquence et l’ampleur de ces attaques contre les militaires aient diminué au cours de l’année écoulée. Les terroristes de Daech se sont tournés vers des cibles civiles, attaquant non seulement des chrétiens et des soufis, mais aussi des habitants bédouins du Sinaï accusés de collaborer avec l’armée.

Aniss Z.