Crise du Golfe : comment l’Arabie saoudite cherche le soutien des pays africains

Crise du Golfe : comment l’Arabie saoudite cherche le soutien des pays africains

Zahra Rahmouni, TSA, 12 Juin 2017

L’Arabie saoudite veut obtenir le maximum de soutien de la part des pays africains face au Qatar, explique aujourd’hui le chercheur français Benjamin Augé, au site Le Monde Afrique.

Aides financières et pèlerinage à La Mecque

Riyad tenterait de convaincre les pays africains de rappeler leurs ambassadeurs et couper les relations diplomatiques avec le Qatar en utilisant deux leviers de pression : « L’arrêt potentiel d’une manne financière pourtant jusqu’alors très modeste – en dehors des projets financés par le Fonds arabe pour le développement économique et social (Fades) – et des menaces à peine voilées de complications dans l’obtention de visas pour le pèlerinage à La Mecque », détaille Benjamin Augé.

Selon le chercheur associé aux programmes Afrique et Énergie de l’Institut français des relations internationales (IFRI), la méthode aurait déjà fonctionné avec plusieurs États.
Sept pays, dont le Niger, le Sénégal et le Tchad ont déjà rappelé leurs ambassadeurs. On peut également citer la Mauritanie qui a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar, le mardi 6 juin, un jour seulement après l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Émirats arabes unis, l’Égypte et le Yémen.

Des failles dans la diplomatie du Qatar

Quand elle ne dépêche pas directement ses émissaires, l’Arabie saoudite charge ses ambassadeurs présents dans les capitales de convaincre les pays à forte population musulmane de lâcher le Qatar. Malgré cela, le Royaume est confronté à des pays qui ne souhaitent aujourd’hui pas prendre position. Le chercheur évoque notamment les cas de l’Algérie, du Nigéria, du Maroc, de la Tunisie, du Soudan et de la Somalie qui ont appelé les différentes parties à dialoguer.

Le Qatar a bien apporté des aides à certains États africains pour qu’ils renforcent leur représentation dans l’Émirat, mais cela n’a visiblement pas suffit à combler certaines lacunes en matière de diplomatie.

Le chercheur note ainsi « qu’une partie des Ambassadeurs qataris sont depuis deux semaines à Doha pour le ramadan » et que « les ministres ou émissaires spéciaux de l’émir Tamim Ben Hamad Al-Thani ont concentré leurs efforts sur les grandes puissances occidentales et arabes ».

Des erreurs récentes et anciennes qui placent aujourd’hui l’Émirat en position de faiblesse par rapport à l’Arabie saoudite.