Louisa Hanoune émet des doutes sur les révoltes arabes

Louisa Hanoune émet des doutes sur les révoltes arabes

Le Printemps arabe est un « concept raciste »

TSA, 2 mai 2011

« Non, il n’y a pas de printemps arabe. Ce concept est raciste. Comme si les peuples étaient là soumis à des régimes dictatoriaux et attendaient que quelque chose se passe. Ils sont comme tous les peuples. Il y a des similitudes entre des pays arabes et d’autres européens par rapport notamment à l’orientation économique », a déclaré ce lundi 2 mai, Louisa Hanoune, invitée de la Chaîne III de la radio nationale.

La secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) a qualifié de « vraie » la révolution en Tunisie. « Une révolution sociale qui a posé la nécessité de se débarrasser d’une dictature qui était soumise à l’Union européenne, au FMI et aux grandes puissances. Une révolution que nous soutenons ». Mais, selon elle, « en Egypte, le processus a été contrarié par la prise du pouvoir par l’armée. Dans les autres pays, il y des soulèvements populaires. Il y a des aspirations à la liberté et à la démocratie. Et, en même temps, c’est un mélange avec des plans. Le plan du Grand Moyen Orient. Il n’y a pas de révolution en Libye. C’est une guerre civile réactionnaire », a-t-elle dit.

Pour la Libye, elle a affirmé ne soutenir ni le Colonel El Kadhafi ni le Conseil national de transition (CNT, opposition). « Il ne peut pas y avoir une révolution sous l’égide d’une intervention multinationale. C’est un non sens. Le peuple libyen est sous les bombes de l’OTAN. On ne peut pas comparer la Tunisie, la Syrie, le Yémen ou la Libye. Il s’agit de situations différentes. Il y a un plan de partition de l’Africom », a-t-elle relevé. Selon Mme Hanoune, la Syrie, où le régime de Bachar Al Assad réprime les manifestations dans plusieurs villes, est en danger. « Il y a des manipulations », a-t-elle dit.

Louisa Hanoune a estimé que la diplomatie algérienne a été lente à réagir après la révolution en Tunisie. « Nous sommes entièrement d’accord sur la position officielle de l’Algérie sur la situation en Libye. Une position contre l’ingérence », a-t-elle déclaré soulignant que les richesses libyennes seraient convoitées par le système capitaliste. « Les grandes puissances vendent les armes à toutes les parties en conflit. La crise du système capitaliste est féroce en ce moment, elles ont donc besoin de relancer l’industrie de l’armement », a-t-elle expliqué.

L’intégrité territoriale de l’Algérie est, d’après elle, en danger avec les 900 km de frontières partagées avec la Libye. « Il y aussi des pressions qui s’exercent sur nous pour s’immiscer dans cette guerre. Tout le monde est en train de constater à quoi sert l’ONU, à qui sert cette chose, ce machin qui donne l’aval à toutes les guerres et qui est complètement dépassé. Cela nous fait rire de parler de la légalité internationale », a-t-elle ajouté.

Selon elle, Oussama Ben Laden, dont l’annonce de la mort a été faite dimanche soir par le président américain Barack Obama, était un agent de la CIA. « Des responsables de la CIA l’ont annoncé sur des chaînes de télévision. Il y a une crise aux Etats-Unis liée à l’austérité budgétaire que veut imposer Obama. Il a donc besoin de faire diversion. La mort d’Oussama Ben Laden ? Bof ! Cette mort ne va influer sur rien. Al Qaida sera toujours là. Ils ont besoin de cette nébuleuse pour leur politique guerrière », a-t-elle noté. Selon elle, les grandes puissances provoquent des crises pour détourner l’attention.