Frontière algéro-tunisienne : Six individus tués dans un accrochage

Frontière algéro-tunisienne : Six individus tués dans un accrochage

El Watan, 24 septembre 2011

Les opérations de ratissage de l’armée tunisienne se poursuivaient jeudi dans le Sud désertique.

L’armée tunisienne aurait tué six individus, membres d’un groupe armé accroché, mercredi dernier, au Sud tunisien, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière algérienne. Cette information a été donnée par une source diplomatique occidentale, citée par l’AFP et non confirmée par le ministère tunisien de la Défense, qui s’est montré plutôt vigilant, assurant que pour le moment «un seul cadavre a été retrouvé». Cette institution militaire n’exclut pas pour autant l’existence de «plusieurs morts parmi les infiltrés» pourchassés durant plus de quarante-huit heures. Cette éventualité est corroborée par un responsable militaire, en évoquant des traces de corps traînés dans le sable retrouvées pas loin du lieu de l’accrochage. Un véhicule non repéré par l’armée tunisienne pourrait avoir récupéré des morts et des blessés et être reparti vers l’Algérie, a-t-il ajouté.

Ce groupe armé, qui se serait infiltré en territoire tunisien via la frontière algérienne, a été appréhendé à bord de plusieurs véhicules de type 4×4 au niveau de la zone de Bir Znigra, à 80 km de la localité de Faouar du gouvernorat de Kébilin, frontalier avec l’Algérie, a indiqué, à l’AFP, Haykel Bouzouita, porte-parole du ministère de la Défense, attestant qu’un hélicoptère de l’armée « avait détruit sept véhicules sur neuf du convoi localisé par une patrouille aérienne à Bir Znigra dans le Sud désertique». Les neuf véhicules traqués sont équipés de batteries anti-aériennes, selon le porte-parole qui n’a pas précisé l’identité de ce groupe armé. «A ce stade, nous n’avons pas d’indications sur l’identité du groupe. Cela pourrait être AQMI, cela pourrait être une bande de contrebandiers armés, il est trop tôt pour identifier ces hommes avec certitude», s’est-il contenté de dire. Une source sécuritaire régionale, ayant requis l’anonymat, a affirmé, toujours à l’AFP, qu’«une vingtaine de terroristes d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) lourdement armés ont affronté les troupes tunisiennes».

Les opérations de ratissage de l’armée tunisienne se poursuivaient jeudi dans le Sud désertique. «Des unités terrestres sont en train de ratisser le terrain afin de déterminer l’identité des assaillants», a indiqué le colonel-major Mokhtar Ben Naceur à l’AFP. «Nous échangeons des informations avec les autorités algériennes», a-t-il ajouté.
Les deux pays coopèrent pour assurer la surveillance des 1000 km de frontière commune, a-t-il rappelé. En mai, un colonel et un soldat de l’armée tunisienne avaient été tués à Rouhia (nord-ouest) dans des échanges de tirs avec des hommes «fortement suspectés d’appartenir à Al Qaîda». Il y a quelques mois, les autorités tunisiennes ont renforcé les mesures de sécurité au niveau de la frontière algérienne à la suite de tentatives d’incursion de groupes armés soupçonnés d’appartenir à l’organisation Al Qaîda au Maghreb islamique.

Les autorités algériennes, civiles et militaires, n’ont fait aucune déclaration à ce sujet. Depuis le début du conflit libyen, qui a vu la circulation d’importantes quantités d’armes sans le moindre contrôle, l’Algérie a exprimé son inquiétude quant au risque que les groupes terroristes activant dans la région profitent de cette situation pour se ravitailler en armes et munitions.
De son côté, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, a attesté, le 14 septembre, dans une interview à la chaîne d’informations France 24 de l’existence d’un «flux massif d’armements» provenant de Libye récupéré par Al Qaîda au Maghreb islamique.

«La Libye était un pays super équipé et super armé. Une grande partie de l’arsenal s’est volatilisée et s’est retrouvée sur les axes du Sahel», a-t-il souligné, évoquant même des «missiles sol-air». L’Algérie est appelée à renforcer son dispositif sécuritaire aux frontières sud-est pour empêcher ces flux d’armes d’arriver sur le territoire national.
Rédaction internationale