Ligue Arabe : Appel à soutenir militairement la Libye

Ligue Arabe : Appel à soutenir militairement la Libye

El Watan, 19 août 2015

La Ligue arabe a appelé, hier, à mettre en place d’urgence une stratégie arabe pour aider militairement le gouvernement libyen à lutter contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI), rapporte l’AFP.

Cependant, elle n’a pas annoncé pour autant le lancement de frappes aériennes, comme le souhaitait le gouvernement libyen. «La Ligue arabe affirme qu’étant donné la difficulté de la situation il y a un besoin urgent de mettre en place rapidement une stratégie arabe qui inclut une assistance militaire à la Libye», a-t-elle indiqué dans un communiqué, à l’issue d’une réunion extraordinaire tenue le même jour dans la capitale égyptienne Le Caire pour débattre d’une demande du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale «d’adopter des mesures pour faire face à la progression de l’EI » en Libye.

Ce gouvernement a aussi «exhorté» les «pays arabes frères à lancer des frappes aériennes ciblées contre les positions de l’EI à Syrte», alors qu’il est lui-même «incapable de faire face à l’EI en raison de l’embargo sur les armes imposé à l’armée » par l’ONU depuis 2011. «La sécurité nationale libyenne est la sécurité nationale arabe (…) La Libye souffre» et «l’armée de l’air libyenne n’est pas capable de mener des frappes contre l’EI à Syrte», a déclaré le chef de la diplomatie libyenne Mohamed Al Dairy à l’ouverture de la réunion du Caire.

Des combats ont éclaté le 11 août à Syrte : des habitants ont pris les armes pour tenter de déloger l’EI de cette ville, située à 450 km à l’est de Tripoli, dont le groupe avait pris le contrôle en juin.

Livrée au chaos depuis la chute du régime El Gueddafi en 2011, la Libye compte deux Parlements et deux gouvernements qui se disputent le pouvoir. L’Egypte active au niveau à la fois à l’ONU pour pousser à une intervention militaire internationale en Libye, et à la Ligue arabe, pour la formation,annoncée en mars, d’une force arabe destinée à combattre les groupes djihadistes dans la région, avec la Libye en priorité.

Les chefs des armées des pays de la Ligue arabe ont tenu pour le moment deux réunions à ce sujet, une troisième est prévue le 27 août au Caire.

Par ailleurs, la chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Federica Mogherini, a déclaré hier que l’EI constitue «une menace pour tous les Libyens». «Les actes terroristes commis à Syrte, y compris les bombardements aveugles et l’exécution des prisonniers, montrent que les extrémistes profitent du vide sécuritaire dans le pays pour élargir le cercle de la violence et cibler davantage de citoyens libyens», a indiqué Mme Mogherini citée par l’APS.

En la circonstance, a-t-elle ajouté, «nous demandons donc à tous les acteurs politiques et militaires en Libye de faire preuve d’esprit de responsabilité et de compromis nécessaire afin de finaliser l’accord politique et de former un gouvernement d’entente nationale» ce qui «permettra au peuple libyen de faire face, d’une manière unie, à la menace croissante» que représente l’EI et «d’apporter la paix et la sécurité au pays». L’UE, a-elle observé, «est prête à soutenir un gouvernement d’entente nationale dès qu’il est établi, afin que les Libyens puissent rapidement bénéficier de cette évolution vers la paix et la stabilité».

L’EI a revendiqué ses premières attaques en janvier dernier, dont la plus retentissante a visé un hôtel dans le centre de Tripoli.

Bilan : neuf morts, dont un Américain, un Français, un Sud-Coréen et deux Philippins. En février, l’EI a annoncé la décapitation de 21 chrétiens, pour la plupart égyptiens. En représailles, l’Egypte mène des frappes contre des positions présumées du groupe à Derna, en coordination avec les forces du général Khalifa Haftar, et réclame une intervention militaire internationale. Le général Haftar a lancé sa première opération contre les islamistes en mai 2014. Les autorités l’ont qualifiée de «tentative de coup d’Etat».

En octobre de la même année, bénéficiant du soutien du Parlement et du gouvernement reconnus par la communauté internationale, il lance une contre-offensive dans le but de reconquérir Benghazi.

Les 18 et 23 août 2014, des avions de chasse des Emirats arabes unis bombardent secrètement le sud de Tripoli avec le soutien logistique de l’Egypte ciblant des positions d’une coalition armée de factions de Misrata et de Tripoli.
Amnay idir