La reddition d’Obama

La reddition d’Obama

par K. Selim, Le Quotidien d’Oran, 2 novembre 2009

Mme Hillary Clinton n’avait pas beaucoup d’efforts à faire sur elle-même pour annoncer officiellement au monde que les Etats-Unis plient totalement devant les exigences israéliennes. En demandant aux Palestiniens d’ouvrir des négociations sans conditions préalables, les Américains ont décidé de revenir à la base de leur politique traditionnelle : c’est à Mahmoud Abbas de se plier aux exigences de Netanyahu.

La secrétaire d’Etat américaine signifie tout simplement que les velléités de Barack Obama, qui exigeait, ainsi que le stipule clairement la «feuille de route», la cessation des activités de colonisation, sont remisées au placard. Ce faisant, Mme Hillary Clinton ne heurte pas ses convictions de pro-sioniste notoire. Elle se contente de signifier la reddition définitive et complète du locataire de la Maison-Blanche. Barack Obama n’osera plus faire quelque chose que ne désire pas Israël. Dans sa conférence de presse conjointe avec Benyamin Netanyahu, elle a donné, apparemment avec un plaisir profond, le dernier coup de chiffon pour effacer le discours du Caire de Barack Obama. Ce «réalignement» américain ne surprend pas ceux qui observent depuis longtemps qu’Israël est le seul Etat du monde à être un acteur majeur de la vie politique américaine.

De toutes les velléités de la «nouvelle politique» de Barack Obama, ses petits «écarts» à l’égard du soutien aveugle et total à Israël devaient être effacés en premier. C’est désormais fait. Et c’est Mme Hillary Clinton qui s’est chargée d’annoncer la reddition de Barack Obama. Elle peut désormais reprendre le vieux discours américain et décréter que c’est la faute aux Palestiniens en particulier et des Arabes en général. Sans craindre le ridicule, Mme Clinton a tancé les dirigeants palestiniens de Ramallah en affirmant que les propositions de M. Netanyahu sur une limitation de la colonisation étaient «sans précédent».

Mahmoud Abbas et ses négociateurs sont déprimés. Leur part de la «feuille de route», une répression brutale de toute résistance en Cisjordanie, ils l’ont accomplie sous supervision des Américains. Ils sont très mal payés en retour. Les Américains les ont menés en bateau, depuis le refus d’accepter les élections qui ont donné la victoire au Hamas jusqu’à l’épisode affligeant du report du rapport Goldstone. Ils se moquent ouvertement d’eux. Ils font même mine d’être compatissants et jurer qu’ils font tout pour essayer de sauver «le soldat Abbas» en perdition dans l’opinion palestinienne. Comment les Etats-Unis soutiennent-ils Mahmoud Abbas ? En le pressant de se soumettre aux conditions de Netanyahu. Donc en lui demandant de jouer la comédie et de négocier du vent tandis que l’armée israélienne occupe les territoires palestiniens et que la colonisation s’étend…

«La preuve est faite que les Etats-Unis sont nos meilleurs amis et que l’attitude ferme d’Israël sur ses positions est payante», a déclaré le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon. On n’avait pas vraiment besoin de preuve de l’alignement américain.

Apparemment, les braves négociateurs palestiniens et les chefs d’Etat arabes «amis» des Américains avaient besoin de cette preuve. Maintenant qu’ils ont cette preuve – une de plus en vérité -, on attend de voir ce qu’ils vont faire pour sauver le soldat Abbas de son pétrin américain.