Un rapport de l’ONU accuse Israël

Agressions inhumaines contre Ghaza

Un rapport de l’ONU accuse Israël

El Watan, 17 septembre 2009

Le président de la mission du Conseil des droits de l’homme de l’ONU chargée d’enquêter est Richard Goldstone, un juif que les Israéliens ont attaqué avec virulence.

Les forces d’occupation israéliennes ont violé le droit humanitaire international lors de leurs agressions militaires contre la bande de Ghaza en décembre et janvier derniers, en faisant un usage disproportionné de la force. Dans un rapport de 574 pages présenté à New York, le président de la mission du Conseil des droits de l’homme de l’ONU chargée d’enquêter sur les violations commises lors des agressions israéliennes contre Ghaza, Richard Goldstone, a souligné la responsabilité israélienne dans la violation des droits de l’homme dans ce territoire palestinien. Les forces d’occupation israéliennes n’ont pas respecté « le droit international pour limiter les pertes en vies humaines, les blessures occasionnées aux civils et les dommages matériels », a affirmé ce document. Ces violations commises par Israël sont, d’après le rapport, « les tirs d’obus au phosphore blanc sur les installations de l’UNRWA » (agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens). L’armée israélienne est également responsable de « la frappe sur l’hôpital Al-Qods à l’aide d’obus explosifs et au phosphore » ainsi que « l’attaque contre l’hôpital Al-Wafa », lesquelles « violent le droit humanitaire international », poursuit le document. Richard Goldstone, ex-procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda, dirige la mission d’enquête onusienne, chargée de faire la lumière sur « toutes les violations » commises durant l’agression militaire israélienne (27 décembre-18 janvier).

Les enquêteurs avaient interrogé publiquement à Ghaza des dizaines de victimes et d’experts concernant l’attaque militaire « Plomb durci » qui a fait plus de 1400 martyrs palestiniens, en majorité des civils, selon les services d’urgence palestiniens, et provoqué d’énormes dégâts dans le territoire. C’est pourquoi le mouvement de résistance palestinien Hamas a exhorté hier la communauté internationale à traduire devant les tribunaux les dirigeants israéliens pour crimes de guerre lors de leurs agressions militaires contre Ghaza. « Après ce rapport explicite, la communauté internationale doit faire traduire les dirigeants de l’ennemi sioniste comme criminels de guerre devant la Cour pénale internationale (CPI) », a déclaré le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum. De son côté, le Premier ministre du gouvernement palestinien limogé, Ismaïl Haniyeh, a déclaré que le rapport onusien « condamne explicitement Israël pour les crimes de guerre commis à Ghaza. » Israël craint qu’à l’initiative de pays arabes, ce rapport accablant soit soumis au Conseil de sécurité de l’ONU et que ce dernier décide ensuite de le transmettre à la Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye, indique un officiel anonyme cité par le quotidien Haaretz.

Dans ce cas de figure, la CIJ pourrait vouloir juger des dirigeants politiques ou des chefs militaires israéliens impliqués dans l’opération « Plomb durci » contre Ghaza et émettre à cette fin des mandats d’arrêt internationaux. C’est pourquoi le porte-parole des Affaires étrangères, Ygal Palmor, a expliqué à l’AFP qu’Israël allait déployer des efforts tous azimuts « pour bloquer et contrer les effets nocifs et pervers du rapport de la commission Goldstone ». « Nous mobiliserons nos amis à l’ONU, notamment les Etats-Unis et divers pays européens pour que ce rapport soit purement et simplement enterré », a déclaré à la radio militaire le vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon. La bande de Ghaza a été la cible d’une offensive dévastatrice de Tsahal du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 censée faire cesser les tirs de roquettes par les groupes armés palestiniens contre le territoire israélien. Plus de 1400 Palestiniens ont été tués, d’après les services d’urgence palestiniens. Neuf organisations de défense des droits de l’homme en Israël ont toutefois exhorté l’Etat hébreu à « prendre au sérieux » le rapport Goldstone et à « mener une enquête impartiale et indépendante ». En revanche, la majorité des médias israéliens s’élèvent contre ce rapport et se sont attaqués avec virulence à Goldstone. Interviewée par la radio militaire, la fille du juge Goldstone, Nicole, a défendu son père en assurant que c’était « un juif sioniste ».

Par R. I.