Le ministre irakien des Affaires étrangères à Alger

Le ministre irakien des Affaires étrangères à Alger

par R. N., Le Quotidien d’Oran, 24 février 2016

Le ministre irakien des Affaires étrangères, Al-Jaafari Al-Ashaiqer, effectue aujourd’hui et demain une visite officielle en Algérie à l’invitation du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra.

La visite entre dans le cadre du «renforcement des relations de fraternité entre l’Algérie et l’Irak», a précisé hier un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Elle permettra d’examiner «les moyens de raffermir les liens de fraternité et de consolider les relations de coopération entre les deux pays frères». Des entretiens politiques sur les questions arabes, régionales et internationales d’intérêt commun sont également prévus au programme de la visite. Cette visite devrait permettre aux familles des «huit détenus algériens en Irak» de relancer le dossier de leurs proches. En effet, selon les communiqués de Houari Kadour, la «Coordination des familles d’Algériens détenus en Irak» suit avec intérêt le sort des «huit Algériens» en particulier depuis «l’exécution en Arabie saoudite d’un imam chiite» et les «retombées que pourrait avoir cette affaire sur les détenus algériens».

M. Kadour estime que la détention d’Algériens est une «affaire nationale» et qu’elle est «accompagnée d’incertitudes et d’interprétations», mais «seules les autorités irakiennes connaissent la réalité des huit Algériens soumis aux pires formes de torture psychologique et physique».

La même source indiquait dans un communiqué daté du 6 février 2016 que les ressortissants algériens ont été «injustement condamnés» dans des jugements qui ne répondent pas aux «exigences de procès équitables». Selon la même source, les huit détenus algériens ont été arrêtés «depuis 10 ans» par «les forces américaines et les services de renseignement irakiens, pendant l’occupation américaine de l’Irak pour des accusations liées à la résistance à l’occupation américaine, ou d’avoir traversé illégalement les frontières du pays».

Le communiqué cite : «Hachemi Tahar» de Tiaret dont la famille «n’a pas eu de ses nouvelles depuis 2013», un certain «Abdelhak» détenu dans une prison dans le Kurdistan d’Irak, un autre dénommé «Badis» détenu à Baghdad, et un quatrième répondant au nom de «Belhadi Abdallah» qui aurait été «exécuté en octobre 2012».

Houari Kadour rappelle dans son communiqué que la Coordination avait proposé en septembre 2015 «un échange de prisonniers» entre l’Irak et l’Algérie comme «solution à cette affaire». Il rappelle qu’en 2008 l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, avait «promis de prendre en charge ce dossier» et qu’en août 2015 le MAE avait annoncé qu’il allait «nouer des contacts» avec la partie irakienne pour «accélérer la libération des ressortissants algériens détenus en Irak».