Crimes de guerre ici, bavures là

Crimes de guerre ici, bavures là

par Kharroubi Habib, Le Quotidien d’Oran, 28 mars 2017

A Mossoul, les terroristes qui y sont retranchés et résistent à l’avancée des soldats gouvernementaux usent de la même ignoble tactique que celle que leurs homologues syriens ont utilisée à Alep, consistant à empêcher la population civile de fuir les zones de combat et à s’en servir de bouclier humain. Dans ces deux batailles, les assiégeants ont été confortés par l’appui aérien traduit par des frappes occasionnant d’inévitables et lourdes pertes parmi la population retenue en otage. Mais autant les gouvernants et médias occidentaux ont médiatisé en les fustigeant les frappes aériennes menées par l’aviation syrienne et de son allié russe, autant ils tentent de détourner l’attention de celles menées par la coalition opérant à Mossoul sous direction américaine.

Il faut se rappeler les véhémentes condamnations proférées en Occident contre l’utilisation de leur aviation par les Syriens et les Russes au motif que leurs frappes occasionnaient d’inacceptables carnages et les gesticulations ayant visé à mettre en accusation le régime d’El Assad et le Kremlin pour crimes de guerre et contre l’humanité, pour prendre toute la mesure du cynisme de l’attitude occidentale voulant empêcher que les frappes aériennes sur Mossoul par leur coalition suscitent l’indignation internationale au même titre que celle qu’ils ont fomentée contre la Syrie et la Russie. A une opinion internationale qui n’est plus dupe de la fumisterie qu’a été la théorie du côté des états-majors occidentaux de frappes «chirurgicales» n’occasionnant pas de pertes parmi la population civile, on essaie désormais de lui vendre que les carnages à Mossoul dont elle a connaissance, malgré le black-out médiatique les ayant entourés, ne sont que des «bavures» et non le résultat de la tactique à laquelle contraint la résistance des terroristes de Daech.

Par «bavures», la propagande de la coalition occidentale sous-entend que ces frappes ne seraient pas systématiquement aveugles et faisant des victimes civiles comme ils en accusent celles des aviations syrienne et russe. Cette même propagande dont des médias reprennent l’argumentaire et les justifications s’adonne même à l’indicible consistant à vouloir atténuer la compassion que suscite le sort fait à la population de Mossoul par les frappes de la coalition en la présentant comme acquise aux terroristes opérant dans la ville. Elle a usé du même raccourci à l’égard de la population d’Alep mais en faisant de celle-ci l’allié des rebelles terroristes syriens dont le sort ne peut laisser indifférent l’Occident.

La dernière et récente «bavure» dont l’état-major de la coalition a dû admettre la réalité s’est soldée par un carnage humain et qui plus est parmi la population civile dont les victimes se compteraient en centaines et ne peut être qualifié autrement que crime contre l’humanité. Il n’est pas de crime contre l’humanité que l’on puisse absoudre comme le voudraient les coalisés occidentaux s’agissant de ceux que commet leur aviation dans Mossoul au prétexte qu’ils résultent d’une guerre menée contre l’organisation terroriste Daech. L’image de l’Occident représentant l’axe du «bien» et ne faisant que des guerres «propres» n’est plus défendue que par sa propagande à laquelle l’opinion internationale ne se fie plus et en rejette de plus en plus les «vérités» qu’elle veut lui faire partager.