CNLTD: L’opposition pour des présidentielles anticipées

RÉUNIE HIER AU SEIN DE LA CNLTD

L’opposition pour des présidentielles anticipées

Le Soir d’Algérie, 19 novembre 2014

L’instance de consultation de la CNLTD, qui s’est réunie hier, avec la présence et pour la première fois de l’ancien chef de gouvernement Sid-Ahmed Ghozali et le SG de l’UDS, Karim Tabbou, à titre d’observateurs, a adopté quatre points essentiels dans sa déclaration finale. L’organisation d’élections présidentielles anticipées reste la revendication phare.

Mehdi Mehenni – Alger (Le Soir)
La déclaration finale comporte en effet, la constitution d’une instance indépendante et permanente pour l’organisation des élections, l’organisation d’élections présidentielles anticipées, aller vers une Constitution consensuelle après l’élection d’un nouveau président, et enfin engager un nouveau processus électoral.
Selon plusieurs sources qui ont pris part à la rencontre, un grand débat a caractérisé la réunion qui s’est tenue hier, à Alger, au siège du MSP. «Il y a beaucoup d’idées et il reste encore des propositions à enrichir. La réunion a été globalement positive, malgré quelques réticences et divergences que nous pensons essentielles pour avancer», indiquent nos sources.
Avant d’adopter la déclaration finale, des divergences ont ainsi porté sur «commencer par élire un nouveau président puis aller vers une constitution consensuelle ou procéder par voie inverse».
Le SG de l’UDS, Karim Tabbou, a, à ce propos, émis quelques réserves. «Il considère que l’Algérie n’est pas la Suède, pour ainsi prétendre l’application de l’article 88 de la Constitution et décréter la vacance du pouvoir. Pour lui, l’organisation d’élections anticipées ne présente pas une solution, car l’Algérie n’est pas gérée par des institutions.
Sa vision pour la sortie de crise que traverse le pays consiste dans la mise en place d’une Assemblée constituante pour rédiger une Constitution consensuelle. Le reste viendra après, pense-t-il, à partir du moment où le pouvoir accepte le principe», révèlent nos sources.

Le FFS longuement évoqué

Autre point longuement abordé lors de la réunion de la CNLTD, et dont la déclaration finale n’en fait pas mention, est la démarche récente du FFS. «Sur ce point, certains participants ont proposé d’aborder, voire condamner publiquement la démarche du FFS, alors que d’autres considèrent que ça serait lui accorder beaucoup d’importance et lui donner une vie médiatique.
Nous avons finalement conclu de mentionner dans la déclaration finale que la CNLTD s’attache toujours à la plateforme de Zéralda, pour ainsi faire comprendre que nous rejetons la proposition du FFS», ajoutent nos sources.
Enfin, il est à signaler que l’ancien chef de gouvernement, Sid-Ahmed Ghozali, s’est inscrit globalement dans la logique du groupe avant d’adopter la déclaration finale, en apportant toutefois quelques retouches, selon toujours les mêmes sources.
M. M.


Estimant que la vacance du poste de Président est effective

L’opposition demande une élection présidentielle anticipée

El Watan, 19 novembre 2014

Les partis et les acteurs politiques regroupés dans l’Instance de suivi et de consultation de l’opposition (ISCO) appellent à une élection présidentielle anticipée. C’est l’une des plus importantes conclusions à laquelle est arrivée cette instance à l’issue d’une réunion qu’elle a tenue hier à Alger.

«Situation politique dangereuse»

Cette demande, explique-t-on dans le communiqué final de l’ISCO, est justifiée par l’analyse faite de la situation politique et économique du pays après plus de trois heures de débat. «L’Algérie vit une crise de pouvoir et la situation politique du pays est très dangereuse. Ses conséquences sont imprévisibles. Et ce à cause de la paralysie des institutions de l’Etat, engendrée par l’incapacité du système politique à répondre aux aspirations et son illégitimité. Cette situation est symbolisée par la vacance du poste de président de la République, qui est l’une des plus sombres images de ce système», explique-t-on dans ce communiqué lu par le président du MSP, Abderrazak Makri.

Avant d’aller à une présidentielle anticipée, l’ISCO exige l’installation d’une instance indépendante pour l’organisation de l’élection. «Nous demandons également une révision consensuelle de la Constitution après la présidentielle anticipée et la mise en place d’un nouveau processus électoral», ajoute-t-on dans le même document. Mais comment imposer une élection présidentielle anticipée ? Qui doit la convoquer ? A ces interrogations, le président du MSP n’a pas donné une réponse claire.

«Pour réaliser ces demandes, nous travaillons sur trois niveaux. Le premier est celui des partis qui activent en permanence sur le terrain pour mobiliser la population. Le second c’est la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD), qui est composée de partis et de personnalités politiques. Le troisième est l’instance de suivi et de consultations de l’opposition», déclare-t-il. Selon lui, l’opposition a engrangé, depuis le lancement de son initiative, «un fort capital sympathie auprès des citoyens». «Nous avons constaté un fort soutien de la population. Nous n’avons jamais enregistré un tel engouement !» assure-t-il, avant de s’exprimer sur la dernière hospitalisation du président Bouteflika en France. «Nous lui (à Abdelaziz Bouteflika, ndlr) souhaitons un rétablissement, mais le feuilleton doit cesser», lance-t-il.

Rejet définitif de l’initiative du FFS

En plus de cette exigence, l’ISCO officialise également son refus de participer à la conférence pour «la reconstruction d’un consensus national», initiée par le Front des forces socialistes (FFS). «Aucune autre initiative, à part la nôtre, ne nous concerne», expliquent les animateurs de l’ISCO dans leur communiqué. «Nous réaffirmons notre attachement à la plateforme du Mazafran, qu’il faut expliquer aux citoyens afin de réaliser un vrai consensus, d’autant plus qu’aucune initiative n’a réalisé ce que vient de faire l’opposition qui a uni ses rangs et a présenté un projet global pour garantir les libertés et aller vers une transition démocratique souple», ajoutent-ils.

Dans la foulée, l’ISCO dénonce les pressions et les atteintes aux libertés de réunion et d’organisation de marches ainsi que le piétinement du droit à la création des associations et des partis politiques. «Nous condamnons également les pressions sur la liberté de la presse à travers les restrictions sur la publicité. Cela doit être dénoncé par toutes les forces vives du pays», lit-on encore sur le même document, qui dresse aussi un tableau sombre de la situation économique de l’Algérie.

La réunion de l’ISCO s’est tenue en présence, en plus des membres de le CNLTD et du Pôle du changement, de l’ancien chef de gouvernement, Sid Ahmed Ghozali, et du président de l’UDS, non encore agréé, Karim Tabbou, qui vient de rejoindre officiellement cette instance. En revanche, trois absences ont été enregistrées : il s’agit de Ali Yahia Abdennour, qui est actuellement au Canada, Mostefa Bouchachi, absent pour des raisons professionnelles, et de l’ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche. Ce dernier, explique Abderrazak Makri, «soutient toujours l’initiative de l’opposition».

Madjid Makedhi