La CLTD perd un membre, dénonce les « conflits » au sommet du pouvoir

La CLTD perd un membre, dénonce les « conflits » au sommet du pouvoir

Sonia Lyes, TSA, 1 juin 2016

Le parti Jil Al Jadid, de Sofiane Djilali s’est retiré ce mercredi 1er juin de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD), indique un communiqué de cette instance qui s’est réuni au siège du Front pour la justice et le développement (FJD).

Selon une source dans l’entourage de la Coordination, le parti de Sofiane Djilali entendait exprimer ainsi son mécontentement face au refus des autres membres de la Coordination de s’inscrire dans la proposition de boycott des prochaines élections prônée par ce parti.

« Mais, à la CLTD, on s’attendait à ce retrait depuis quelques temps déjà », a précisé une autre source.

Cette première réunion depuis le deuxième congrès tenu le 30 mars dernier, à laquelle a pris part le MSP, le RCD, Ahmed Benbitour, le FJD et le mouvement Ennahda, a été l’occasion pour la CLTD de « dénoncer les conflits existants au sommet du pouvoir » considéré comme « un mépris pour le peuple » et « un détournement des institutions de l’État de leurs fonctions constitutionnelles », dans une allusion probablement au conflit qui entoure le rachat du groupe El Khabar.

Dans le même contexte, la CLTD estime que « la fermeture annoncée et les pratiques à l’égard des médias et du pluralisme en mobilisant les institutions de L’État pour faire face à l’exercice de ce droit reflète la faillite morale et politique qui touche ce système qui a terni la réalité politique (…) ».

«Le régime mène une politique de liquidation et de règlement de compte dans la scène médiatique et politique en perspective des prochaines échéances, loin d’un consensus national qui préserve le pays d’un saut vers l’inconnu », note le communiqué.

Tout en réitérant son appel à toutes les « composantes de la classe politique dans ses diverses orientations » pour rejoindre la Coordination, attachée aux principes de la plate-forme de Mazafran, la CLTD rappelle son exigence de l’ « honnêteté et de la transparence » de l’organisation des prochaines échéances qui « vont déboucher sur des institutions qui réalisent le consensus dans le cadre de négociations entre le pouvoir et l’opposition (…) à travers la mise en place d’une instance indépendante pour l’organisation des élections et à travers la révision de la loi électorale ».

La CLTD considère que l’instance annoncée lors du Conseil des ministres vise à faire « avorter sa proposition ». Une commission mixte a été mise en place dans ce cadre, pour étudier les lois organiques et formuler des propositions, conclut le texte.