Ce qu’il faut savoir sur le site gazier de Tigantourine

Ce qu’il faut savoir sur le site gazier de Tigantourine

Le Soir d’Algérie, 19 janvier 2013

Elle est située dans le sud-est désertique de l’Algérie, à 1 300 km d’Alger et une centaine de kilomètres de la frontière libyenne. C’est un site très isolé à 40 km de la ville d’In Aménas.
Elle est située dans le sud-est désertique de l’Algérie, à 1 300 km d’Alger et une centaine de kilomètres de la frontière libyenne. C’est un site très isolé à 40 km de la ville d’In Aménas. Centre de quatre gisements de gaz voisins (Tigantourine, Hassi Farida, Hassi Ouan Abecheu et Ouan Taredert), elle est reliée par trois gazoducs de 110 kilomètres de long au réseau de transport gazier algérien Comme dans de nombreux gisements pétroliers ou miniers situés dans des régions reculées, l’usine a une base de vie pour héberger et nourrir des employés du site, située à 3,7 kilomètres. Celle-ci est gérée par la société française CIS Catering, basée à Marseille. «Nous sommes le premier employeur de la zone parmi les sociétés étrangères», explique à l’AFP Régis Arnoux, son P-dg, avec 150 employés locaux sur le site. «Nous apportons des services d’hôtellerie, de restauration et de facilities management (services aux entreprises comme secrétariat, prestations techniques…). » Très proche de la frontière libyenne, la zone est particulièrement isolée, en plein désert du Sahara. Son ravitaillement se fait depuis la ville de Hassi Messaoud, à plus de 850 kilomètres de là, selon CIS, avec des provisions pour «15 jours/1 mois», selon l’entreprise. Entre l’usine et la base de vie, se trouve également un camp militaire, visible sur les images satellites, dans une zone classée «zone d’exclusion», c’est-à-dire en théorie non accessible sans laissez- passer des autorités algériennes. Le site ne doit pas être confondu avec une raffinerie Sonatrach dans les faubourgs d’In Aménas (15 000 habitants).

Qui l’exploite, qui y travaille ?

Le site est exploité depuis 2006 par le géant pétrolier britannique BP, le norvégien Statoil et la Sonatrach algérienne. Le complexe industriel emploie au total environ 700 personnes, dont une majorité d’Algériens. La plupart sont des sous-traitants, selon des sources industrielles, même si le nombre exact de personnes présentes sur le site au moment de l’assaut reste incertain. Environ une vingtaine d’expatriés de BP travaillent sur le site, Statoil ayant lui 17 salariés au moment de l’assaut mercredi, dont 12 sont «affectés » par la prise d’otages. L’usine de traitement de gaz elle-même a été construite par une coentreprise entre le japonais JGC et Kellogg, Brown and Root, une filiale de l’américain Halliburton, ce qui pourrait expliquer la présence de Japonais et d’Américains parmi les otages. L’usine traite du gaz dit «humide» (+wet gas+), c’est-à-dire contenant des condensats liquides semblables au pétrole brut. L’ensemble du projet mené par BP, Sonatrach et Statoil représente un investissement de près de 2 milliards de dollars, avec une production théorique de 9 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit environ 12% de la production algérienne, et 50 000 barils de condensats par jour.
In Expansion