Le Sahel préoccupe le gouvernement

IL SERA LE PRINCIPAL POINT DE LA RÉUNION DE DEMAIN

Le Sahel préoccupe le gouvernement

Le Soir d’Algérie, 1er septembre 2015

Abdelmalek Sellal présidera, demain mercredi dans l’après-midi, une réunion du gouvernement qui fait suite à la dernière rencontre entre l’exécutif et les walis, samedi dernier. Du moins, en ce qui concerne une bonne partie de son ordre du jour. A l’exception, bien entendu, d’une communication éminemment politique que présentera le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra.
Kamel Amarni – Alger (Le Soir) – Le patron de la diplomatie algérienne dont les communications en réunions du gouvernement sont rares, en raison de la nature même de secteur de souveraineté, intimement lié à la présidence, sera certainement très attendu par ses collègues.
Selon une source sûre, Lamamra fera, à l’occasion, un exposé exhaustif sur la situation générale, au plan diplomatique, notamment à propos des questions brûlantes de l’heure qui concernent directement l’Algérie. Particulièrement, la situation dans la région du Sahel, précisément au Mali et en Libye.
Deux dossiers où l’Algérie joue un rôle de premier plan avec ses médiations directes et menées en accord avec la communauté internationale en vue de mettre fin aux crises respectives dans ces deux pays voisins et qui menacent la stabilité dans toute la région.
Le second point inscrit à l’ordre du jour de cette réunion, n’est autre que le très attendu nouveau code des investissements. Ce texte constitue en fait la colonne vertébrale de la nouvelle stratégie pour ce secteur, l’industrie auquel on a joint celui des mines, que chapeaute Abdesselam Bouchouareb depuis mai 2014. Insignifiant jusque-là, ce secteur prend une ampleur telle depuis une année qu’en réalité, il est érigé au rang de véritable ministère de l’Economie nationale.
Davantage encore depuis l’avènement brutal de la grave crise qui frappe les marchés pétroliers. Dos au mur, l’Algérie n’a plus d’autres choix que de revenir aux fondamentaux de l’économie basés sur la production, le travail et l’investissement. Et la clé de la réussite réside, il ne faut pas se leurrer, dans l’incitation à l’investissement pour encourager la production nationale comme cela se fait partout dans le monde.
Une évidence qui ne l’est pourtant plus en Algérie où, depuis des décennies, la rente pétrolière et l’hégémonie des barons de l’import-import tiennent lieu de seules réalités économiques. Il était donc temps d’en finir avec un code des investissements obsolète et qui s’érige en obstacle majeur devant les opérateurs économiques nationaux. Le nouveau code qui sera présenté demain à l’approbation du gouvernement devra ainsi traduire cette nouvelle politique, en matière de choix économique sur laquelle avait longuement insisté le Premier ministre, Abdelmalek Sellal samedi dernier. Le gouvernement qui ambitionne de lancer pas moins de 50 zones industrielles à court terme déjà, veut ainsi se donner les moyens de sa politique avec ce nouveau code où il est question de «simplifier au maximum l’acte d’investir» pour reprendre Abdelmalek Sellal. Outre la mise en place d’un tissu industriel digne de ce nom, l’agriculture est également choisie comme l’un des piliers de la nouvelle politique économique décidée lors de la réunion d’urgence de fin décembre 2014 convoquée par Abdelaziz Bouteflika pour faire face à la crise des prix du pétrole. Et c’est dans ce sens qu’il faut inscrire la communication que présentera, demain mercredi à la même réunion du gouvernement, le ministre des Ressources en eau, Abdelouahab Nouri.
Sans des ressources hydriques conséquentes et leur gestion rationnelle dans un pays semi-aride, il serait en effet illusoire de parler d’agriculture.
Autre secteur auquel le gouvernement accorde la plus grande importance mais pour des considérations toutes autres, celui de l’Habitat.
Le ministre en charge, Abdelmadjid Tebboune, présentera, pour sa part, une communication sur le secteur en réunion du gouvernement. C’est que le gouvernement n’a qu’un seul souci immédiat : le front social, d’abord…
K. A.