Une priorité : le soutien au Mali

Réunion des MAE du Sahel

Une priorité : le soutien au Mali

Par : Djilali BENYOUB, Liberté, 30 juin 2013

La surveillance et le contrôle des frontières ont été au cœur des discussions entre les diplomates qui ont appelé à une meilleure coordination afin de barrer la route aux groupes terroristes qui ont trouvé refuge dans la région.

La sécurisation des frontières et le développement durable sont les questions prioritaires des pays du champ dont les ministres des Affaires étrangères ont tenu une réunion d’évaluation vendredi à Alger.
Dans leur déclaration finale à l’issue des travaux à huis clos, les ministres ont réaffirmé leur détermination à poursuivre la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans la région du Sahel, tout en mettant l’accent sur la nécessité “d’asseoir les bases d’un développement durable”.
La réunion, qui a regroupé l’Algérie, le Mali, le Niger et la Mauritanie ainsi qu’en qualité d’invités, la Libye, le Tchad et le Nigeria, et la participation du commissaire pour la Paix et la Sécurité de l’UA, Ramtane Lamara, ainsi que des représentant du Cemoc et de l’UFL, les deux mécanismes militaires et de renseignement des pays du champ. La surveillance et le contrôle des frontières ont été au cœur des discussions entre les diplomates qui ont appelé à une meilleure coordination afin de barrer la route aux groupes terroristes qui ont trouvé refuge dans la région et encouragé les deux mécanismes, le Cemoc et l’UFL, à intensifier leur coordination pour mener au mieux ce combat. La nature de la menace qui reste pesante malgré les revers subis par les groupes liés à Aqmi requiert une coopération internationale, ont-ils souhaité.
La question malienne a, cependant, dominé les débats avec l’intervention des MAE algérien, malien, nigérien et mauritanien qui ont constaté l’évolution positive de la situation dans ce pays en proie à une grave crise depuis le coup d’État du 22 mars et ses conséquences sur les trois principales villes du Nord.
Le pays s’achemine vers une issue avec l’accord de Ouagadougou conclu entre le gouvernement, les principaux groupes rebelles, l’installation de la commission des élections du 28 juillet et le projet de réconciliation nationale. D’ailleurs, le MAE malien, Tiéman Coulibaly, a revu la perception de Bamako des groupes rebelles targuis qu’il définit dans une acception loin des groupes terroristes islamistes. Avant le MNLA et le HCUA de création récente ont été considérés comme une menace, au même titre que les groupes terroristes. Cependant, après l’accord de Ouagadougou, Bamako et les Touareg sont arrivés avec des concessions, de part et d’autre, à aplanir leurs différends et se sont engagés dans un vaste projet de reconstruction et de réconciliation que les nouvelles autorités auront à poursuivre dans le sillage de la médiation burkinabée à travers un dialogue national après la présidentielle de juillet.
Cela dit, la menace terroriste demeure, selon les diplomates du Sahel, représente un défi autant que le développement qui participe de son éradication. Car sans développement durable qui profite aux populations de manière équitable, le terrorisme pourra toujours prospérer. Surtout dans ces zones désertiques et pauvres.
L’Algérie continuera à œuvrer pour la stabilité de toute la région et surtout à aider le Mali, a promis M. Medelci.
Les ministres ont décidé, par ailleurs, que la prochaine réunion se tiendra à Bamako, au Mali.