Ibrahim Ag Bahanga rejoint le processus de paix

Ibrahim Ag Bahanga rejoint le processus de paix

Une autre victoire pour la médiation algérienne

Le Jeune Indépendant, 23 septembre 2009

L’ex-chef rebelle touareg malien, Ibrahim Ag Bahanga, a récemment quitté la Libye où il s’était réfugié depuis huit mois après avoir abandonné ses positions dans le nord du Mali. Pour le moment, personne ne sait exactement où se trouve l’ex-chef rebelle toureg. Selon un membre de son entourage, cité par RFI, il serait parti pour «rejoindre le processus de paix d’Alger». Mais selon un diplomate libyen, citée par la même source, l’ex-chef touareg «n’est plus en Libye». Si le retour d’Ibrahim Ag Bahanga est effectif, le processus de paix pourrait être consolidé. Récemment, l’ONU soulignait que la région de Kidal ne représentait plus un danger pour les ONG étrangères. Les bailleurs de fonds ont même annoncé qu’ils allaient dégager des fonds d’aide aux populations de cette région, notamment les provinces de Kidal et de Gao. Pendant plusieurs mois, cette zone a été le théâtre d’affrontements entre rebelles touaregs et forces gouvernementales. Ibrahim Ag Bahanga a même donné du fil à retordre à l’armée malienne, obligée de déployer les grands moyens pour le contraindre à s’exiler en Libye. Aujourd’hui, le voilà de retour dans la zone. L’Algérie, qui avait refusé auparavant de recevoir le chef des rebelles touaregs, Ibrahim Ag Bahanga, est-elle prête aujourd’hui pour assouplir sa décision et lui donner une chance supplémentaire d’intégrer le processus de paix engagé sous la houlette de l’Algérie ? Pour rappel, Ag Bahanga, qui avait totalement abandonné ses positions dans le nord du Mali face aux forces armées maliennes, a été accueilli en Libye « pour raisons humanitaires, dans le cadre de la paix ». L’enfant terrible de la région de Kidal a pris un engagement : ne pas chercher à déstabiliser le Mali. Il a pris, par écrit, l’engagement de ne pas faire de politique ni autre chose. Des centaines de rebelles touaregs ayant récemment regagné la ville de Kidal avec armes et bagages. Une autre partie des rebelles, dont le nombre est estimé à plusieurs centaines, rentreront à Kidal sans leurs armes qui seront remises au facilitateur algérien. En début d’année, plusieurs centaines de rebelles touaregs de l’ADC n’avaient pas pu rentrer à Kidal à cause d’un désaccord survenu à la dernière minute. Ils voulaient rentrer avec leurs armes, mais l’armée malienne voulait les désarmer avant tout cantonnement. Le gouvernement avait proposé que rentrent dans la ville, avec leurs armes, «uniquement» les rebelles touareg qui vont intégrer les futures «unités spéciales», soit plusieurs dizaines d’hommes. La lettre des rebelles remise au gouvernement malien avait à l’époque soulevé une question : le rôle exact que joueront les rebelles touareg dans les futures unités mixtes, chargées d’assurer la sécurité aux postes de sécurité installés autour de la ville de Kidal. Parallèlement, plusieurs éléments du groupe de Ibrahim Ag Bahanga avaient officiellement saisi la médiation algérienne pour réintégrer le processus de paix. «Nous avons appelé la médiation algérienne et les membres de l’Alliance. Nous sommes pour le moment 35.
Nous voulons venir pour la paix», avait déclaré le porte-parole du groupe, Moussa Ag Mamoud. Les rebelles touaregs de l’Alliance pour la démocratie et le changement (ADC, favorables à l’accord de paix d’Alger de 2006), avaient accepté «globalement» les propositions du gouvernement de Bamako pour la paix au nord du Mali. «Ils nous ont répondu par écrit. Ils sont globalement d’accord sur nos propositions», avait répondu un responsable du ministère malien de l’Administration territoriale.
Mahmoud Tadjer