Nord du Mali : Il faudrait agir militairement dit le président Bouteflika aux Français

Nord du Mali : Il faudrait agir militairement dit le président Bouteflika aux Français

Farid Alilat, DNA, 01 Août 2012

Aller ou ne pas aller avec les troupes dans le Nord du Mali pour y déloger les organisations terroristes qui y exercent leur loi? Officiellement, l’Algérie s’oppose à une intervention militaire dans ce pays voisin dont les territoires du nord sont sous domination islamiste. Officiellement. Dans les coulisses, les Algériens entonnent une autre musique.

En recevant le 16 juillet 2012 pendant trois heures le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, le président Bouteflika a admis, selon Le Canard Enchainé (édition du mercredi 1 août) qu’il faudrait agir militairement même si « il refuse –officiellement – ‘toute ingérence étrangère en Afrique.’ »

Le 18 juillet dernier, le même hebdomadaire faisait part du sentiment au Quai d’Orsay sur la position algérienne à l’égard d’une éventuelle intervention militaire dans le Nord du Mali.

« Les Algériens n’envisagent pas de lancer leur armée au Nord-Mali, mais ils s’interrogent sur une option militaire sans trop de précisions, écrivait le Canard. Reste qu’ils sont toujours hostiles à voir les Français s’en mêler. »

Depuis pour qu’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), le Mujao et Ansar Dine ont pris le contrôle début avril du vaste territoire du nord malien, l’Algérie répète qu’elle plutôt favorable à une solution politique et voit d’un très mauvais œil l’arrivée de troupes étrangères à quelques bornes de ses frontières du sud.

C’est encore plus vrai qu’Alger n’a pas apprécié, mais pas du tout, l’intervention militaire en Libye pour déloger le dictateur Kadhafi et s’oppose à pareille expédition en Syrie pour dégager Bachar Al Assad. Au delà de ce principe, un engagement militaire algérien pourrait menacer la vie de quatre de ses ressortissants otages depuis le 5 avril 2012 du Mujao.

Pourtant, Français et Américains poussent discrètement depuis plusieurs semaines les Algériens à participer à une intervention militaire au Mali, du moins à donner leur onction d’autant plus que les islamistes renforcent chaque jour qui passe leur emprise sur cette partie du pays frontalier.

Dans un entretien accordé dimanche 29 juillet au Journal du Dimanche (JDD), Allassan Ouatara, président de la Côte d’Ivoire et président de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) expliquait qu’il y a urgence à intervenir militairement. « Je pense que nous pouvons parler en semaines et non en mois », déclarait Ouattara.

Et visiblement les Français qui ne participeront pas avec des troupes au sol ont déjà préparé le terrain. « Les plans d’attaque » sont prêts, confiait une source militaire française interrogée cette semaine à Paris par le Journal du Dimanche.

Il faudrait donc attendre ce délai de « quelques semaines » dont parle M. Ouatara pour savoir ce que décideront exactement les Algériens concernant cette intervention militaire.