Offensive commune contre le terrorisme

Algérie-Pays du Sahel

Offensive commune contre le terrorisme

El Watan, 10 septembre 2009

Après moult tergiversations, l’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger se sont enfin décidés à collaborer dans le domaine de la lutte antiterroriste. Les experts militaires de ces quatre pays ont fixé les termes de cette collaboration, dimanche à Alger, à l’issue d’une réunion au cours de laquelle a été élaboré un plan précis de lutte contre la criminalité et le terrorisme islamiste dans la région du Sahel.

Cette réunion intervient après la rencontre, le mois dernier à Tamanrasset, des chefs d’état-major des armées du Mali, du Niger, de la Mauritanie et de l’Algérie et qui a permis, dans un premier temps, d’évaluer le niveau de la menace terroriste. Au regard de la quantité de travail abattue, dimanche à Alger, les troupes de quatre pays qui seront engagées dans la mission de « nettoyage » du Sahel et la sécurisation des frontières ne devraient pas tarder à être opérationnelles. « Nous venons juste de boucler les détails d’un plan technique qui permettra à nos armées de travailler ensemble pour lutter contre le terrorisme et la criminalité dans le Sahel », a déclaré, à ce propos, un responsable militaire malien à RFI. L’accord passé entre l’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger a mis du temps à se dessiner. Plusieurs années de négociations et de discussions ont été nécessaires pour rapprocher les points de vue. L’idée de la création d’un front commun contre le terrorisme au Sahel remonte à l’été 2004 lorsque certains pays du Sahel, soutenus à l’époque par Paris, avaient appelé à la tenue d’un sommet au Mali pour élaborer une stratégie de lutte contre les groupes terroristes et les trafiquants de drogue au Sahel.

Les ingérences et le frein géopolitique

Les enjeux géopolitiques, les ingérences régulières de puissances étrangères dans la région et les rébellions cycliques des Touareg maliens ont fini, néanmoins, par avoir raison de toute volonté consistant à mettre en place une politique sécuritaire régionale coordonnée pour venir à bout des groupes terroristes qui écument le Sahel. Le plan américain destiné à former certaines armées de la région aux techniques de la lutte antiterroriste, baptisé « Plan Pan Sahel », est, pour ainsi dire, à l’heure actuelle, la seule initiative soucieuse concrètement de renforcer les capacités opérationnelles des armées des pays du Sahel et de trouver des parades aux incursions terroristes. En raison des moyens limités dont elle bénéficie, celle-ci reste toutefois sans grand impact sur le terrain. La décision, récente, des gouvernements algérien, mauritanien, malien et nigérien de ne plus faire cavalier seul dans le traitement de ce dossier de la lutte contre le terrorisme s’explique, sans conteste, par la grave dégradation de la situation sécuritaire que connaît la région ces derniers temps (cela particulièrement en Mauritanie et au nord du Niger et du Mali) et la multiplication de kidnappings de touristes étrangers dont certains ont même été assassinés.

En août dernier, les terroristes affiliés à Al Qaïda au Maghreb avaient, rappelle-t-on, fait de nombreuses victimes dans les rangs de l’armée malienne. Durant la même période, un jeune Mauritanien s’était également fait exploser en actionnant une ceinture d’explosifs devant l’ambassade de France à Nouakchott. En guise de réaction aux actions des terroristes, les représentants des Etats ayant pris part, dimanche, à la rencontre d’Alger, ont décidé dans un premier temps de mener une opération d’envergure pour « nettoyer la région », pour laquelle de gros moyens seront dégagés. Des sources avancent que les troupes sur le terrain bénéficieront notamment d’avions de combat. Des sources évoquent aussi, dans un second temps, des échanges d’informations et la mise en place de patrouilles mixtes coordonnées. L’on indique aussi que les troupes des quatre armées auront un même territoire. Cela veut dire que les soldats algériens auront la possibilité, à l’avenir, de poursuivre et de combattre des terroristes sur le sol malien.

Par Zine Cherfaoui


Après la réunion sur le terrorisme dans le Sahel

Vaste offensive contre El-Qaïda dans le Grand Sud

Le Jeune Indépendant, 10 septembre 2009

Après la réunion des chefs d’état-major des pays du Maghreb le mois dernier, c’est au tour des experts de se retrouver à Alger pour concocter une opération dite de grande envergure contre la nébuleuse El-Qaïda. Même si la date de cette opération n’a pas été divulguée, celle-ci serait imminente, à en croire certaines sources.

L’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger ont décidé d’avoir des patrouilles mixtes, mais surtout les quatre armées auront un même territoire : ainsi l’armée mauritanienne peut poursuivre un terroriste sur le territoire malien sans que les autorités de ce dernier ne s’en offusquent. Une patrouille pourra poursuivre un terroriste sans crainte d’être stoppée et narguée par une immatérielle ligne frontalière. Cela confirme donc le fait que les chefs d’Etat de ces pays ont pris conscience que l’éclosion du terrorisme sur cette large bande frontalière est un risque plus terrible qu’une violation de souveraineté. Ces poursuites sont parties pour être des plus efficaces, car des moyens conséquents seront déployés. El-Qaïda ne s’embarrasse pas de frontière et ne prend pas la peine de préciser les lieux ou les pays où il va attaquer. Cette rencontre a été précédée d’une réunion le 13 août dernier au siège de la 6e Région miliaire à Tamanrasset qui a abrité à l’occasion une importante réunion des chefs des états-majors de l’Algérie, du Niger, de la Mauritanie et du Mali. L’objectif de cette réunion était de mettre au point une stratégie de lutte commune contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne. Avec son voisin malien, l’Algérie a envoyé une importante quantité d’équipements militaires et d’armement à Bamako dans le cadre d’une opération d’assistance, qui devait compter cinq convois. L’Algérie avait acheminé par avion au Mali «une importante aide militaire» dans le cadre du renforcement de la coopération entre les armées des deux pays voisins, Selon un militaire malien qui s’est exprimé dans la presse, «l’aide est riche et variée. Il y a par exemple du carburant pour nos troupes, des sacs de couchage pour les opérations spéciales et même de l’armement». L’activisme de l’ex-GSPC, qui s’est soldé par la mort au mois d’aout dernier de 26 soldats maliens, et un attentat kamikaze à Nouakchott sont à l’origine d’une rencontre des chefs militaires de la région. Les bandes frontalières sont livrées, depuis plusieurs années, à des pratiques de terrorisme, de contrebande et de trafic d’armes de guerre ou légères et de stupéfiants. Ces rencontres vont permettre de passer à une étape supérieure et aboutir à la planification et à la mise en œuvre de nouvelles actions tendant à solutionner les problèmes sécuritaires. Il s’agit de l’organisation de patrouilles mixtes, conjointes et simultanées aux frontières, de l’autorisation de poursuites au-delà des frontières, de partage d’informations et renseignements opérationnels relatifs aux mouvements des bandits, terroristes et autres rebelles et de soutien mutuel aux forces engagées. En ce qui concerne les moyens techniques de transmission, de transport des troupes et de reconnaissance, l’Algérie pourrait appuyer ces pays en les dotant de nouveaux matériels.
Mahmoud Tadjer