Abdelkader Messahel fait le bilan de la rencontre des pays du Sahel à Alger

Abdelkader Messahel fait le bilan de la rencontre des pays du Sahel à Alger

Alger plaide pour le respect des lois concernant les rançons

Par : Nissa Hammadi, Liberté, 20 mars 2010

M. Messahel croit en la détermination des pays du Sahel d’appliquer une stratégie commune de lutte contre le terrorisme, mais espère de l’occident une aide en matière d’équipement, de formation et d’échange d’informations.

Le ministre délégué chargé des affaires maghrébines et africaines M. Abdelkader Messahel s’est félicité, dans une déclaration-bilan, de l’engagement des participants à la conférence ministérielle de coordination des pays de la région sahélo-saharienne, tenue mardi à Alger, de condamner sans équivoque le paiement de rançons et la prise d’otages et d’appliquer intégralement les résolutions de l’ONU sur la question. Ces lois doivent être respectées, dit-il, aussi bien par les pays qui enregistrent les prises d’otages sur leur territoire, à l’instar du Mali, que par les pays d’origine des personnes kidnappées.
La volonté politique existe, selon M. Messahel, pour respecter les conventions bilatérales sur la lutte antiterroriste, mais sera-t-elle exempte de concessions conjoncturelles ?
Les représentants du Burkina Faso, du Tchad, de la Libye, du Mali, du Niger se sont retrouvés à Alger pour adopter une stratégie de riposte commune à la percée
d’Al-Qaïda dans la région. La libération de l’otage français, enlevé au Mali en contrepartie de l’élargissement de quatre présumés terroristes par la justice malienne, a créé une vive tension entre les pays du Sahel. L’Algérie et la Mauritanie ont, en guise de protestation, rappelé leurs ambassadeurs respectifs. La rencontre d’Alger est venue pour rappeler à chaque pays ses obligations et ses engagements. Optimiste, le ministre délégué chargé des affaires maghrébines et africaines affirme que les sept pays du Sahel participant à cette réunion sont déterminés à relancer la coopération à travers la mise en branle d’un plan de lutte contre le terrorisme et la criminalité qui devra être détaillé lors de deux prochaines rencontres à partir du mois d’avril. L’une au niveau des responsables chargés de la lutte antiterroriste et l’autre au niveau des chefs d’état-major des armées.
M. Messahel estime que les sept pays du Sahel sont “réellement” entrés dans une stratégie commune de lutte antiterroriste. Toutefois, il tient à souligner que dans ce combat, les États du Sud ont besoin d’un coup de main, particulièrement en matière de formation, d’équipement et d’échange d’informations, au-delà de l’aide économique qui entre dans le cadre de programmes particuliers. Pour ce qui est des projets de développement au profit des populations de ces régions, le ministre rappelle l’engagement de l’Algérie à financer le forage des puits et la réalisation de centres de formation professionnelle et de structures sanitaires, notamment au nord du Mali, au Niger et au Tchad.
Revenant sur la situation au Soudan, il pense que l’accord entre le mouvement soudanais et le mouvement pour la justice et la démocratie au Darfour favorise “le retour à la stabilité dans la région”. Il salue dans ce sens le rôle joué par le pays dans le règlement de plusieurs conflits, particulièrement au nord du Mali et au Niger, tout en mettant en avant l’apport financier de l’Algérie dans le cadre de l’Union africaine et le conseil de sécurité et de paix de l’UA, ainsi que le rôle du Nepad et ses stratégies dans “la prise en charge des questions de développement en Afrique”.

En prévision du sommet sécuritaire des pays du Sahel
Nouakchott opposé à sa tenue à Bamako
Par : Hafida Ameyar
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La Mauritanie n’est pas d’accord à ce que le prochain sommet sécuritaire des 7 pays du Sahel se tienne dans la capitale malienne. Selon un communiqué transmis hier à l’agence française AFP, le ministère mauritanien des Affaires étrangères a, en effet, fait savoir que son pays “est d’accord sur le principe de la tenue de ce sommet”, mais il juge qu’il est “prématuré d’en fixer le lieu (à Bamako)”. Le diplomate a d’ailleurs précisé que c’est la raison pour laquelle Nouakchott “n’a pas signé” le communiqué publié par les ministres des Affaires étrangères d’Algérie, du Burkina Faso, de la Libye, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, qui s’étaient réunis le 16 mars dernier à Alger.
La déclaration de la Mauritanie remet sur la sellette le malaise provoqué en février 2010 par la libération, par le Mali, de 4 terroristes réclamés par l’organisation terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), en échange d’un otage français, Pierre Camatte, soupçonné d’être un membre des services français. Un malaise qui avait également gagné l’Algérie, puisque les autorités, tout comme celles de Nouakchott, avaient rappelé leur ambassadeur à Bamako en signe de protestation. Aujourd’hui, le communiqué mauritanien semble cohérent avec l’irritation suscitée en février dernier, surtout que l’affaire en question a bel et bien révélé l’enjeu sahélien. Sur un autre plan, le Mali, en assistant à la conférence ministérielle d’Alger et en s’impliquant dans le projet de front transnational contre le terrorisme, a bien compris cela et aussi confirmé qu’un pays de la région ne peut, à lui seul, résister à la pression française ou à toute pression étrangère. “Encore moins combattre le terrorisme qui est un phénomène transnational interpellant l’ensemble de la communauté internationale, notamment l’ONU et son Conseil de sécurité.”
En tout cas, la conférence ministérielle de coordination d’Alger, qui s’est engagée à mettre en œuvre les conventions et lois relatives à la lutte antiterroriste des pays de la région sahélo-saharienne, ainsi que la réalisation de programmes de développement, a été saluée par bon nombre de pays, à commencer par les participants eux-mêmes. Le 16 mars, les États-Unis se sont félicités de la décision des 7 gouvernements de se réunir pour affronter ensemble la menace terroriste. Le secrétaire d’État adjoint américain pour les Affaires publiques, chargé de la coopération antiterroriste régionale dans le Sahel et au Maghreb, Philip J. Crowle, a même fait part de son souhait “de renforcer la coopération régionale et de consolider davantage l’action collective contre des groupes qui cherchent à exploiter les territoires de ces pays et à lancer des attaques contre des civils innocents”.
Jeudi, c’était au tour de l’Union européenne de s’exprimer sur le sujet. Dans un communiqué rendu public, le porte-parole de Catherine Ashton, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et vice-présidente de la commission, a reconnu que le sommet du 16 mars dernier “met en évidence les entraves que le terrorisme et le crime organisé portent au développement économique et social des pays de la région”. Il a, en outre, indiqué que “la coopération régionale et internationale sera déterminante pour affronter, dans cette région-clé, la menace terroriste”, non sans promettre que l’UE apportera “son plein soutien aux efforts en cours, en particulier en matière de sécurité et de développement”. Le même jour, la France a salué la tenue de la rencontre. Dans un communiqué du ministère français des Affaires étrangères, ce pays dit espérer que les conclusions de ladite réunion se traduisent par “un renforcement sur le terrain des efforts de coordination régionale”. De son côté, le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero, a salué “les perspectives de coopération régionale accrue annoncées par la déclaration, issue des travaux de la conférence d’Alger” et insisté sur “les échéances annoncées”, en référence à la réunion des ministres de l’Intérieur et la rencontre des chefs d’état-major en avril 2010 et à la perspective d’un sommet des chefs d’État.

 

Lutte contre la contrebande, la drogue et le terrorisme
Bousteïla dépêche deux généraux aux frontières
Par : NEïLA B., Liberté, 20 mars 2010

Sur instruction du général-major Ahmed Bousteïla, commandant de la Gendarmerie nationale, deux officiers supérieurs de grade de général, accompagnés d’une forte délégation de la Gendarmerie nationale, ont effectué une visite d’inspection aux frontières ouest et sud-ouest.

Cette visite, la première du genre, qui a duré deux semaines, s’inscrit dans le cadre d’inspection du dispositif sécuritaire aux frontières qui est “une priorité majeure”.
Le général Tounsi, commandant des garde-frontières, a effectué une visite aux frontières ouest en se rendant à Tlemcen et Naâma relevant du 2e Commandement régional d’Oran. Selon une source bien informée, il a inspecté le dispositif qui a été renforcé au niveau de cette localité dans le cadre de la lutte contre la contrebande. Lors de sa visite de travail, le commandant des GGF s’est déplacé aux postes avancés qui sont déjà opérationnels pour s’enquérir de la situation dans une région connue, surtout, par le trafic intense de drogue et de carburant, en particulier à Maghnia et Bab El-Assa.
Le général Tounsi a tenu, par ailleurs, des réunions avec les commandants des groupements des GGF de Maghnia, Bab El-Assa, Mechria, El-Aricha où il a exhorté ses cadres “à faire preuve de plus de mobilisation, de vigilance, de professionnalisme et d’abnégation dans leur lutte contre toutes les formes de criminalité et d’intensifier les opérations sur le terrain”.
De son côté, le général Telli, inspecteur général de la Gendarmerie nationale, a effectué une visite aux frontières sud-ouest qui l’a conduit à Béchar, Tindouf et Adrar relevant du 3e Commandement de la Gendarmerie nationale. Il a étendu sa visite jusqu’à l’Extrême-Sud, en l’occurrence à Reggane, Bordj Bajdi-Mokhtar, Tinzaouatine, Tabelballa. Lors de cette visite, il a tenu à féliciter les GGF pour leur efficacité dans la lutte contre le trafic de drogue qui a permis la saisie d’une quantité record de kif à Hassi Khebbi, près de Béchar et Tindouf, et la récupération d’un arsenal de guerre.
La sécurité des frontières est une priorité, aux yeux du commandement de la Gendarmerie nationale qui a renforcé les moyens de surveillance par des équipements sophistiqués pour lutter contre toutes les formes de criminalité, y compris le terrorisme, d’autant qu’il y a une connexion entre les réseaux criminels et les groupes terroristes. “Des moyens sophistiqués seront octroyés aux garde-frontières (GGF) surtout que les narcotrafiquants recourent aux armes de guerre. Un système numérisé de surveillance des frontières sera bientôt installé tout au long des frontières”, souligne un responsable de la Gendarmerie nationale.
Ce système permet la transmission des données en temps réel aux commandements mobiles des garde-frontières devant intervenir pour traquer d’éventuels suspects.
La gendarmerie procède graduellement à la mise en place des unités et postes avancés dans le cadre d’une vaste couverture sécuritaire qui s’inscrit dans le programme du gouvernement. Les effectifs de l’institution républicaine atteindront 120 000 gendarmes en 2010.
Pour rappel, lors de sa dernière visite dans la wilaya de Tlemcen, le général Bousteïla avait indiqué que 150 postes d’observation seront érigés sur la bande frontalière qui s’étale de Tindouf à Marsat Ben-Mhidi.