Rébellion touareg au Mali: La médiation algérienne sollicitée

Rébellion touareg au Mali

La médiation algérienne sollicitée

Par :Abdelkamel K., Liberté, 30 juin 2008

Encore une fois, la capitale algérienne réunit les autorités maliennes et la rébellion touareg dans l’espoir de mettre fin une bonne fois pour toutes au différend qui les oppose en mettant en application l’accord d’Alger, conclu entre les deux parties en juillet 2006.

Une importante délégation malienne dirigée par le ministre de l’Administration territoriale, le général Kafougouna Koné, est à Alger depuis samedi afin de relancer le processus de paix dans le nord du Mali, où sévit une rébellion touareg. Il semblerait que les deux parties sont décidées cette fois-ci à régler cette question, dont les répercussions sur le développement du Mali sont loin d’être négligeables. En effet, à en juger par la composition des deux délégations dépêchées en Algérie, notamment celle des rebelles, qui englobe toutes les tendances, ce nouveau round de négociations revêt une importance particulière autant pour les autorités maliennes que pour les rebelles touareg. Le fait que les rebelles touareg maliens sont tous réunis au sein d’une même alliance et vont désormais parler d’une même voix est perçu par les analystes comme une donnée nouvelle à même d’influer positivement sur ces négociations. Il y a lieu de signaler que la délégation des rebelles touareg était déjà présente dans la capitale algérienne. Un membre de la délégation officielle de Bamako, qui a indiqué que les discussions allaient être entamées rapidement, a déclaré : “Nous sommes arrivés ce samedi à Alger pour relancer le processus de paix, après la violation des accords d’Alger par la rébellion malienne à qui sont attribuées plusieurs attaques récentes contre l’armée malienne.” Les médiateurs algériens sont appelés à jouer un grand rôle pour rapprocher les positions et appliquer de la manière qui soit les accords d’Alger de juillet 2006, que les deux parties s’accordent à considérer comme unique base de règlement du conflit les opposant. C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé un responsable du comité de suivi des accords : “Le médiateur a clairement laissé entendre que l’accord d’Alger reste la base de discussions.” Ils auront d’abord plusieurs entretiens avec la délégation officielle venue de Bamako, avant de faire le point par la suite avec celle des rebelles touareg. Selon les déclarations à l’agence AFP d’un responsable du comité de suivi des accords d’Alger, signés en juillet 2006 pour le retour de la paix dans le nord du Mali, ce n’est qu’“après avoir clarifié les choses, que nous devrions pouvoir mettre face à face rebelles et délégation officielle malienne”. Pour rappel, ce comité est composé de représentants de l’Algérie, du gouvernement malien et des rebelles touareg maliens. Cela étant, c’est la première fois depuis plusieurs mois que rebelles touareg maliens et partie gouvernementale malienne se retrouvent chez le médiateur officiel algérien dans la crise du nord du Mali. Les rebelles touareg dirigés par Ibrahim Ag Bahanga retiennent toujours en otage plusieurs douzaines de militaires de l’armée malienne. De son côté, l’armée malienne affirme détenir “plusieurs prisonniers” issus des rangs de la rébellion qui ont été capturés lors de combats de terrain.

K. ABDELKAMEL