La France précise le cadre d’un possible engagement militaire

Nord du Mali

La France précise le cadre d’un possible engagement militaire

Mehdi Boutaleb, TSA, 5 août 2012

« La France soutiendra une intervention armée de forces africaines au Mali mais elle n’en prendra pas l’initiative », a affirmé, samedi 4 août, en marge d’une visite au festival interceltique de Lorient, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui juge l’intervention « inéluctable ».
« La France n’a pas à prendre une initiative militaire au Mali », dont le Nord est aux mains des islamistes armés, a déclaré Jean-Yves Le Drian. « Elle souhaite que ce soient les forces africaines, en particulier celles de la Cédéao [Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, NDLR] et éventuellement de l’Union africaine, qui prennent l’initiative, c’est le sens de la résolution qui a été votée par le Conseil de sécurité ». Une intervention militaire africaine est « souhaitable et inéluctable », a-t-il insisté. « La France la soutiendra, et je l’espère, l’Union européenne aussi ».

Éviter d’être au premier rang

Cette prise de position de principe intervient quelques jours après le début de la présidence française du Conseil de sécurité de l’ONU qui s’achèvera à la fin du mois. À l’occasion du début de cette présidence tournante d’un mois, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, avait exclu le 30 juillet dernier que la France puisse déployer des hommes sur le terrain. Toujours engagée militairement en Afghanistan et quelques mois à peine après la fin de son intervention en Libye, le pays qui a accueilli le président malien de transition Dioncounda Traoré, la France reste très prudente et ne veut surtout pas se retrouver au premier rang.

Toujours selon les propos de Jean-Yves Le Drian, il s’agit pour les pays africains « d’assurer un gouvernement d’union nationale, lui donner la souveraineté nécessaire et étendre cette souveraineté au Nord Mali avec inévitablement une intervention armée que la France pourra soutenir ». La situation dans le nord du Mali est « très préoccupante », a encore jugé le ministre de la Défense. « Il faut éviter par tous les moyens que cette partie du Mali devienne un « Sahélistan », et les ingrédients sont en train de se rassembler pour qu’elle le devienne ». Tombé dans la nuit du 21 au 22 mars aux mains de groupes armés, le nord du Mali est désormais contrôlé par des mouvements islamistes armés alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

La Cédéao attend la résolution de l’ONU

Jean-Yves Le Drian a précisé dans son intervention à Lorient que la question du Mali serait abordée lors d’un entretien qu’il aura avec son homologue espagnol Pedro Morenes à l’occasion de quelques jours de vacances privées, dans un village près de Madrid vers la mi-août.

Un débat consacré à la situation au Sahel se tiendra le 8 août au Conseil de sécurité de l’ONU. Il permettra, selon les informations publiées sur le site du ministère des Affaires étrangères français, de faire le point sur la transition politique au Mali et sur l’avancement des travaux conjoints des autorités maliennes, des pays de la région, de la Cédéao et de l’Union africaine concernant le déploiement d’une force dans ce pays. La Cédéao qui a déjà annoncé être prête à envoyer quelque 3 300 soldats pour aider l’armée malienne, attend un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU et demande un appui logistique, notamment à la France et aux États-Unis.