Condé : “Il faut rendre opérationnelle” la force G5 Sahel

Le président guinéen remet le sujet au goût du jour

Condé : “Il faut rendre opérationnelle” la force G5 Sahel

Liberté, 15 août 2017

La question de la mise en place d’une force multinationale pour combattre le terrorisme dans la région du Sahel est revenue au-devant de l’actualité, après l’attaque terroriste de dimanche soir, qui a fait 18 morts, dont 2 Algériens, à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Hier, le président guinéen, Alpha Condé, également président de l’Union africaine (UA), a souligné la nécessité de concrétiser ce projet en toute urgence, face à la recrudescence des attaques terroristes dans le Sahel, ont rapporté les agences de presse. “Les terroristes s’attaquent aux restaurants fréquentés par les étrangers pour porter atteinte non seulement à la vie de la population, mais aussi à l’économie du pays”, a déclaré M. Condé à la télévision France 24. “Il faut accélérer l’opérationnalisation du G5 afin que les Africains soient en première ligne pour défendre la sécurité de leurs citoyens et des expatriés”, a-t-il souligné, joignant ainsi sa voix à son homologue français, Emmanuel Macron, dont le pays soutient au niveau régional et international la création de cette force et son financement qui pose, en effet, un sérieux problème. Il faut trouver “les 400 millions (d’euros) de fonds qui manquent”, a insisté le président guinéen. La force du G5 Sahel a besoin de près de 500 millions d’euros pour couvrir ses dépenses, mais elle n’a récolté que 50 millions d’euros d’aide de la part de l’UE, alors que ses cinq pays membres doivent contribuer, chacun, à hauteur de 10 millions d’euros, une somme qui n’est pas facile à mobiliser en raison de leur situation socioéconomique difficile. Alors que le déploiement d’environ 5 000 soldats du G5 Sahel est prévu pour septembre-octobre prochains, l’argent demeure le principal problème. L’attaque d’hier pourrait bien faire réfléchir certains pays occidentaux qui hésitent à apporter leur contribution financière à la lutte contre le terrorisme dans le cadre de cette force. En tout cas, Paris continue d’insister auprès de ses partenaires européens pour obtenir l’aide dont ont besoin les pays membres du G5 Sahel. Dans un appel téléphonique entre Emmanuel Macron et son homologue burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, les deux chefs d’État ont convenu de “l’urgence de mettre en œuvre les décisions prises lors du sommet de Bamako du 2 juillet et d’accélérer la mise en place de la force du G5 Sahel”, a indiqué l’Élysée dans un communiqué repris par l’AFP. Les deux présidents “auront tous les deux des contacts dans les prochains jours avec les autres chefs d’État de la région pour poursuivre cette mobilisation”, a ajouté le même communiqué. Pour rappel, avec ses 4 000 soldats présents dans le Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane, la France a mis la pression sur les pays membres du G5 Sahel (Mauritanie, Tchad, Mali, Niger et Burkina Faso) pour la création de cette force conjointe.

Lyès Menacer