Situation sécuritaire au Sahel: L’Algérie demeure «incontournable»

SITUATION SÉCURITAIRE AU SAHEL

L’Algérie demeure «incontournable»

Le Soir d’Algérie, 8 février 2018

Bien qu’absente du G5, l’Algérie demeure incontournable au Sahel, de l’aveu même du directeur du renseignement français militaire.
Abla Chérif – Alger (Le Soir) – La déclaration en question a été rapportée par le journal français l’Opinion dans son édition du 5 février dernier. Interrogé sur le rôle de l’Algérie lors d’une rencontre avec les journalistes de la défense (AJD), le général Jean-François Ferlet a publiquement déclaré que l’Algérie «est un partenaire jusqu’à preuve du contraire (…) on a besoin d’elle (…) elle est incontournable et nous avons des contact». Le général Ferlet procède ensuite à une évaluation de la situation au Sahel.
«Au regard du nombre d’attaques, dit-il, on ne peut pas parler de dégradation sécuritaire. Il y a un bruit de fond de harcèlements, mais qui existe depuis la fin de Serval (en 2013) et qui continue (…) la situation n’est pas satisfaisante, mais elle est contrôlée». Le directeur du renseignement militaire français met, d’autre part, l’accent sur ce qu’il qualifie de «problème majeur» auquel est confrontée la zone: les trafics (armes, drogues, humains), «une gangrène, estime-t-il, avec des chefs de groupes qui privilégient leur intérêt particulier sur l’intérêt général».
La région tout entière, doit-on le rappeler, avait connu un grand mouvement de migration de populations africaines en quête de paix et de stabilité. Les pays du Nord, l’Algérie en particulier, avaient enregistré l’arrivée de centaines de personnes. Selon les autorités algériennes, une grande partie de cette immigration clandestine était cependant contrôlée par des réseaux spécialisés dans le trafic humain.
Des informations qui lui avaient été communiquées par le gouvernement nigérien mettaient également en garde contre la probable présence d’éléments terroristes. Les trafics en question ont compliqué davantage la situation au Sahel où s’est déployée, comme, on le sait, la force militaire du G5 appuyée par la France.
Le G5, qui regroupe le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie a pour mission essentielle de lutter contre tous ces trafics et mener des offensives contre les groupes terroristes.
Le général Ferlet s’est également exprimé à ce sujet d’ailleurs en affirmant : «Il faut que ça marche, parce que ce n’est pas Barkhane (opération militaire française dans le Sahel) qui va régler le problème.»
Les forces du G5 commencent, quant à elles, timidement à se mettre en place sur le terrain. Les pays impliqués ont annoncé que son action réelle prendra effet en mars. Réunis en sommet à Niamey, cette semaine, les chefs d’Etat du Sahel ont déclaré être à la recherche d’un financement complémentaire devant permettre à la force militaire d’agir efficacement.
A. C.